Association du patrimoine

La grande histoire des familles en 14-18, au Musée de la Grande Guerre

1918, la guerre prenait fin. La vie des familles pouvaient reprendre un cours normal, se reconstruire.

Mais les repères familiaux avaient été profondément brouillés parfois même brisés durant les quatre ans qui venaient de s’écouler.

La nouvelle exposition présentée, jusqu’en décembre 2018 à Meaux, au Musée de la Grande Guerre, met en scène et nous raconte les « Familles à l’épreuve de la guerre ».

Les chiffres pour la France parlent d’eux-mêmes, 1 400 000 morts, des pères, des maris, des fils, ont disparus. 700 000 veuves sont devenues chefs de famille. Elles toucheront une pension qu’elles perdront en cas de remariage.

Médaille de Mariage de Marie Poirier et Emile Leroux, Unis le 16 mai 1914; diamètre 3,2 cm. Elle a été montée en broche après le mariage. (Musée de la Grande Guerre, Meaux/ Yannick Marques)

Don Lejeune : la prière des enfants; carte postale photographique

Plus de 800 000 enfants sont orphelins ; le statut de pupille de la nation est créé en juillet 1917. Quant aux familles qui subsistent, elles ne peuvent qu’avoir changé, évolué.

Louis (en permission) et Marielle Boisquillon avec leur fille Yvonne, 1915, carte postale photographique. Marielle porte au cou un médaillon avec la photographie de son mari.

Ainsi donc les femmes sont devenues plus libres, indépendantes et représentent l’autorité pour les enfants. Même si des premières permissions de sept jours tous les quatre mois, ont été accordées à partir de l’été 1915.

Les hommes gardent les traces des combats qui les rendent impuissants. Ils n’arriveront pas à effacer la cruauté de la vie dans les tranchées. Ils ont sombré dans la neurasthénie, la violence et cherchent à oublier dans l’alcool.

prothèses de bras et une main pour mutilé. Don Vergnaud (Musée de la Grande Guerre,Meaux/ Yannick Marques)

Certains couples auront du mal à se reconstruire. On nous indique que les divorces ont doublé en 1920 par rapport à 1913. Mais parallèlement les mariages retardés ont été multipliés par deux. Les naissances affichent plus de 21,4% en 1920. Les familles de plus de 3 enfants reçoivent des primes.

La motivation des combattants s’appuyait beaucoup sur le lien familial. Le courrier a joué un rôle de premier plan.  Par le biais du contrôle postal, on a suivi au plus près le moral des uns et des autres.

Chaque jour ont été acheminées 600 000 lettres et 40 000 paquets.

En 1914, le concubinage était rare car la virginité de la jeune mariée demeurait une exigence sociale. On se mariait à 24 ans pour les femmes et en moyenne à 28 ans pour les hommes. La guerre entraîne une chute de la nuptialité malgré la mise en place du mariage par procuration. Il faudra attendre 1919-1920 pour que les mariages se célèbrent à nouveau en nombre.

Au total 10 500 machines ont été commandées et attribuées à des veuves afin de contribuer à « la survie matérielle et morale des familles« . Machine à coudre La Vibrante n°1, Gnome et Rhône, vers 1920. (crédit : espace Patrimoine Safran)

Le musée a ouvert ses portes le 11 novembre 2011, créé à l’origine à partir de la collection privée de Jean-Pierre Verney. Celle-ci est devenue la propriété de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux en 2005. Le musée est considéré par l’importance et la diversité de ses collections comme le plus grand d’Europe sur la guerre de 14-18. (photo de l’entrée du Musée D. Germond)

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