Le dimanche 26 juillet 2026, la 113e édition du Tour de France arrivera à Paris. Venus de Thoiry, les coureur pour la seconde fois feront trois fois le tour de la Butte Montmartre en passant par la rue Lepic avant de rejoindre les Champs-Elysées.
Les Nautes de Paris avaient pu embarquer pour suivre le Tour du Centenaire. Nous vous en proposons quelques images et un retour aux origines de cette aventure sportive qui a susciter des réactions vives et variées.
En attendant la prochaine arrivée, revenons à ses débuts, ses premiers succès et déboires. Depuis, l’épreuve centenaire poursuit sa rencontre vers les amateurs de la petite reine dans un Tour de France toujours renouvelé.

Remontons le temps
Le coureur cycliste et journaliste Henri Desgrange est le directeur du journal l’Auto et du vélodrome du Parc des Princes. Il a repris en 1901 la célèbre course Paris Brest-Paris. Il a créé, en 1902, la course Paris-Marseille. Il va adopter l’idée de Géo Lefèvre faire un tour cycliste des régions de France.
Le Tour de France est annoncé dès le 19 janvier 1903 dans L’Auto, comme « la plus grande épreuve cycliste du monde entier. » ce qui devait se confirmait pour ses cent ans et l’aventure se poursuit aujourd’hui encore.

1903, le préfet Lépine a interdit les courses cyclistes dans le département de la Seine. Le départ ne peut donc pas se faire dans Paris.

Le Ier juillet 1903, les coureurs sont à Montgeron, devant le Réveil Matin où ont lieu les derniers contrôles, la remise des dossards avec leur numéro. Les vélos doivent être sans dérailleur et porter le poinçon de leur enregistrement dans la cour de l’Auto.

La foule se presse. Le premier départ est reporté à Villeneuve-Saint-Georges. Paul Trippier et Maurice Garin emmènent les 60 inscrits.
L’arrivée le 19 juillet se fera à Ville-d’Avray au restaurant du Père Auto. On prend les temps, on leur remet une fiche, direction la piste du Parc des Princes pour les résultats. Ils sont 21 classés par temps.
Maurice Garin est proclamé vainqueur.
1903, 2428 kilomètres ont été parcourus en six étapes, du 1er au 19 juillet, on roule jour et nuit
Le parcours est en six étapes Paris-Lyon ; Lyon-Marseille ; Marseille-Toulouse ; Toulouse-Bordeaux ; Bordeaux-Nantes ; Nantes-Paris.

Le droit d’inscription sera de 10 francs au lieu des 20 initialement prévus avec comme condition que les coureurs devront avoir soldé leurs frais de route. Aucune dette de concurrent ne sera reconnue par le journal. Alors « aux cinquante premiers, durant le temps de la course seront versés par les organisateurs, un minimum de 5 francs par jour. A condition qu’ils n’aient pas gagné plus de 200 francs durant la totalité de la course et qu’ils aient maintenu une cadence de route jamais descendue en-dessous de 20 km à l’heure. »
La course se fait sans entraîneur, sauf pour la dernière étape Nantes-Paris, arrivée au Parc des Princes ; ni suiveurs, ni soigneurs six étapes suivies chacune de deux ou trois jours de repos.

Les contrôles locaux sont assurés par les sociétés cyclistes sur place.
Henri Desgrange va ainsi faire la pige au journal Vélo et va creuser l‘écart. Il suit la course de son bureau à L’Auto (anciennement l’Auto-Vélo avant que Vélo lui intente un procès et qu’il devienne l‘Auto en 1903). Les itinéraires, les étapes sont gérées par Géo Lefèvre, champion cycliste du Stade français, directeur et commissaire sportif du Tour. Il surveille les coureurs sur la route, de jour comme de nuit. Il a prévu des contrôles fixes et des contrôles volants auxquels il participe.
1904, le deuxième tour s’avère problématique

La seconde édition, sur le modèle du premier tour (6 étapes, même distance) va déclencher des débordements, un chauvinisme exacerbé des régions face au parisianisme affiché. Tricherie, sabotage, bagarre, l’opposition est vive et des clous seront semés sur le parcours, des bouteilles cassées et quelques bagarres… Pour Henri Desgrange, le 25 juillet « Le Tour de France est terminé et sa seconde édition sera la dernière… »
De plus l’Union Vélocipédique de France décidera après les résultats de déclasser les quatre premiers pour des faits de tricheries.

1905, 11 étapes, désormais le classement sera par points. Le Tour prend de l’altitude
Le tour est entièrement réorganisé. Les étapes sont plus courtes. Mais la distance s’allonge et passe à 2994 km. On ne roule plus la nuit.
L’Alsace-Lorraine (annexée par l’Allemagne en 1871) n’a pas été oubliée pour la 2e étape, Nancy-Besançon, avec le Col du Ballon d’Alsace (1174m) qui délimite le territoire national dans les Vosges. Une borne commémore la victoire de René Pottier qui l’a franchi le premier à une moyenne de 20 km/h et sans mettre pied à terre.
On peut encore citer, lors de la 4ème étape, le passage de la côte de Laffrey, tronçon de la route Napoléon en Isère, en forte déclivité et le Col Bayard (1250m).
Le Tour ne fait pas encore l’unanimité. Les incidents semblaient de retour dès la première étape. Des clous avaient été versés sur la chaussée impactant tous les coureurs sauf un. Mais la course a pu reprendre et s’achever avec l’arrivée directement au Parc des Princes.
Louis Trousselier terminera son 1er du Tour de France en 1905 avec 35 points devant Hippolyte Aucouturier 61 points.

L’arrivée du Tour, à partir de 1905, elle s’est faite directement sur la piste du Parc des Princes, et jusqu’en 1967 lorsque fut détruite la piste cyclable.
Pendant quelques années, elle se fera à la Cipale, le Vélodrome Jacques Anquetil, dans le Bois de Vincennes.

Depuis 1975, la Grande-Boucle finale se fait sur les Champs-Elysées. Exception faite en 2024, lors des Jeux Olympiques de Paris, l’arrivée du Tour s’est déroulé à Nice en deux étapes, la 20e : Nice-Col de la Couillole et la 21e : le contre la montre Monaco-Nice.

Voilà la fête est finie, il faut enlever toute la signalétique collée sur les Kiosques qui viennent eux aussi de terminer leur Tour. D’autres seront mis en place l’an prochain pour de nouvelles aventures.



