
Après Maillol et Picasso en 2025, le Musée Hyacinthe Rigaud, à Perpignan, nous propose de découvrir ou redécouvrir un autre artiste Catalan Joan Miro.
L’exposition présentée du 27 juin au 31 décembre 2026 « Joan Miro Majorque, l’atelier des rêves » a été préparée en étroite collaboration avec la Fondation Pilar et Joan Miro à Majorque, principal prêteur.
Ainsi André Bonet, adjoint délégué à la Culture, président de l’Etablissement public du musée d’art Hyacinthe Rigaud nous rappelait que cette exposition accompagne sur le plan culturel le jumelage de Perpignan avec Palma de Majorque, conclu en septembre 2024.
Le comité scientifique pour cette présentation réunissait donc la directrice de la Fondation Antonia Maria Perello et la conservatrice responsable de l’Art et de la recherche Patricia Juncosa Vecchierini ainsi que la directrice et conservatrice du musée d’art Hyacinthe Rigaud, commissaire de l’exposition. Les prêteurs ont été nombreux français et étrangers, institutions muséales, collectionneurs et prêteurs privés.
Celle-ci devait nous annoncer pour 2027 une exposition dédiée à un autre artiste catalan, celui qui a consacré Perpignan : Centre du Monde… Le grand Salvador Dali.
A la découverte de l’exposition qui souligne les facettes de Joan Miro
Toutes les facettes de l’art de Miro sont abordées ici, sculpture, dessin, peinture, céramique, édition, gravure, récupération, recyclage, architecture…
l’artiste préparait son « après », la fondation à Palma de Majorque qui lui tenait à cœur.

Le parcours qui le mène dans son île de Majorque est retracé. Sa formation initiale a été influencée par la ligne d’horizon chère à son maître Modest Urgell.
Paris, premières rencontres

Dans les années 1920, à Paris, il s’installe au 43 rue Blomet, à Montparnasse. Il sera proche du célèbre Bal Nègre qu’il fréquentera avec ses amis.
Il partage un atelier avec le sculpteur Pablo Gargallo et son voisin André Masson ami d’André Breton le présentera aux Surréalistes.
Il découvre le travail de Paul Klee, participe avec lui à la première exposition surréaliste en 1925.
Il se lie avec Vassily Kandinsky. Paul Eluard et Louis Aragon sont ses premiers acheteurs.
A Paris, le square au 43 rue Blomet anciennement square Blomet, en 1974, accueille l’Oiseau Lunaire de Miro. En 2010, il devient le Square de l’Oiseau Lunaire en souvenir du lieu de rendez-vous des artistes et surréalistes dissidents dont il ne reste aucune autre trace dans ce quartier du 15e arrondissement.
A Perpignan grâce au concours de la Galerie Lelong l’exposition accueille L’Oiseau Solaire 1966-1997, 120x180x102cm, certifié par l’Association pour la défense de l’œuvre de Joan Miro, en 2015. Bronze, fonte au sable par Susse Fondeur à Arcueil, épreuve d’artiste 3/3 (Paris, Courtesy Galerie Lelong)

Un mobile d’Alexandre Calder redécouvert dans les collections du musée, rappelle ici leur rencontre en 1928 et leur relation en miroir qui mènera Miro aux Constellations (1939-1941).
Il rentrera en Espagne vivre l’éphémère indépendance catalane et le retour de la guerre civile qui le fait revenir à Paris. 1937, il dessine à la Grande Chaumière… ses peintures deviennent cauchemar…
La Céramique, l’union de la terre et du feu
En 1944, à Barcelone, celui qui a voulu « assassiner la peinture« , avec son ami d’enfance Josep Llornes Artigas, expérimente une nouvelle voie, la complexité de l’union de la terre et du feu, avec des morceaux de cuissons ratées datant de 1941.
Le mystère du four qui transforme le résultat, la glaçure, le surprennent ; les couleurs ne sont pas toujours celles attendues. A partir des années 1950, ils vont pendant près de 30 ans travailler ensemble. Ils réaliseront des œuvres monumentales toujours co-signées.


Moment de poésie, Pascal Picard nous a lu quelques vers de la « Complainte du lézard amoureux » de René Char.
Miro a réalisé pour ce poème, en 1948, une composition à la gouache et à l’encre au pochoir sur papier 33,3×25,2 cm.
Vous retrouverez cette composition sur la gauche derrière la vitrine des premières céramiques co-signées Miro/Artigas.

Salima Hellal Conservatrice en chef, en charge des objets d’art au Musée des beaux-Arts de Lyon Présentait le travail de Céramique de Joan Miro et Josep Llorens/Artigas, notamment une série de 3 plats en terre cuite de 1956 et un grand vase piriforme portant une empreinte de main de l’artiste. Les céramiques sont signées Miro/ARTEGAS (Collection Marc Larock, Paris).

Irving Penn, en 1948 va le photographier sur le toit de la maison familiale à Mont-Roig, avec les sculptures placées au-dessus de la porte.
A partir de 1956, l’artiste s’installe à Majorque dans le vaste atelier, calé au cours de longues conversations avec l’architecte Josep Lluis Sert. Il est présenté dans le film qui accompagne l’exposition.

Récupération de matériaux et d’objets, réutilisation, transformation
Il aime la technique et l’insolite, tous les objets métalliques qu’il récupère, il va les assembler par la fonte à la cire perdue et faire naître de nombreux personnages. Il aime cette technique et de nombreuses sculptures comme Personnage et oiseau, bronze de 1968. sont présentées dans l’exposition.



Il va donner à son œuvre un nouvel élan à partir de 1959 et doter son nouveau lieu de création d’une atmosphère propice à la création en s’entourant d’objets de toutes sortes.

Il prépare l’avenir du travail de toute une vie, sa pérennité, un futur. A Majorque, souligne la commissaire« l’échéance irréductible de la mort y catalyse l »énergie créatrice de Miro, tout en lui imposant la question de la postérité de son œuvre. »

En 1981, la donation longuement préparée est enregistrée. Il donne à la ville de Palma de Majorque ses deux ateliers d’artistes et un fonds important d’œuvres pour la future Fondation préparée avec son épouse Pilar Juncosa.
Pour ceux qui veulent prolonger l’exposition, le catalogue réunit toutes les œuvres présentées (Silvana editoriale, 39 euros). Il vous apportera comme à nous, de nombreuses précisions.
Les Nautes de Paris vous propose une vidéo pour compléter cette présentation.


