Manifestations culturelles actuelles à Paris

Circulation(s) 8e édition, les questions de la jeune photographie européenne

 

Quelques flocons pour le samedi du vernissage (photo Bernard Tourrette)

Mars 2018. En entrant sous la Halle Aubervilliers du 104 (Paris 19e), face à nous la série cinéma Spectres de Fabrice Guyot (photo ci-dessus) réunit des séquences recomposées de l’histoire du cinéma, des scènes dont les personnages ont été effacés.

La photo de l’affiche est, cette année, celle d’Alma Haser qui propose des portraits unissant photographie et Origami sous le titre Cosmic Surgery. Cette chirurgie plastique et photographique semble inspirée des travaux des surréalistes.

 

La slovène Vanja Bucan, carte blanche de la marraine Susan Bright, observe la main de l’homme sur la nature.

Au verso, les Sequences of Truth and Deception de Vanja Bucan nous projettent dans de belles images grand format d’une nature selon nos envies. Nous la transformons pour nos besoins, l’enjolivons à souhait avec des images romantiques. La photographe témoin de cet interventionnisme, nous présente un camouflage bien léché qu’elle aurait aimé montrer dans un format réduit. « Pourquoi les commissaires d’exposition, ici comme à Vienne, préfèrent-ils de si grands formats? » s’interroge-t-elle. « Mes photos me correspondraient plus, en plus petits formats. »

Un nouvel espace, le Loft

Cette 3e édition propose un espace supplémentaire d’exposition, le loft.

Dans le long couloir du loft à l’étage nous avons rencontré Camille Levêque. Elle a créé en 2014 le collectif The Live Wild qui réunit des artistes féminines ayant des origines différentes, des profils différents, des parcours différents.

Camille Levêque a créé le collectif Live Wild. Ici un travail sur les photos de famille et leur côté figé. Les photos se superposent parfaitement. Elles s’emboîtent quel que soit le lieu où l’époque à laquelle elles ont été prises. Notre cerveau garde-t-il la mémoire de ces séances qu’il répète?

Elles utilisent des collages, des images animées (gif), de la vidéo, de la photographie qu’elles mettent en commun pour créer des œuvres qui communiquent entre elles. Comme ici les images des albums de famille du collectif qui à travers le temps et les années reproduisent les mêmes postures qui peuvent se superposer, ce que démontrent les collages réalisés.

Rachael Woodson s’interroge : « A quel moment celui que l’on photographie est-il lui même?« 

 

A la sortie du loft, Rachael Woodson nous a parlé de sa thématique le  Sound of silence.

« La photo que nous prenons est-elle une mise en scène ? Celui qui pose est-il lui-même ? Joue-t-il un personnage ? » La série pose la question du lien entre le photographe et le modèle.

Ses photos sorties de ses archives personnelles concernent ses frères qu’elle n’a jamais cessé de saisir avec son objectif.

Studio Photo, de la thématique au studio atelier 7

Le studio photo du photographe ambulant est un thème fascinant pour les photographes.

La série d’Arthur Crestani

Cette thématique est mise en exergue par Arthur Crestani et sa série Bad City Dream. Ses photos prises à la périphérie de Delhi sont dans la tradition du studio photo ambulant en Inde. Il a ainsi invité des passants, des ouvriers, des villageois à poser devant des images de publicités immobilières au milieu des chantiers, devant des images d’une ville dont ils rêvent.

Emmanuel Tussore. Ses sculptures, il les a modelées dans la pâte du plus vieux savon du monde le savon d’Alep. Il a photographié ces ruines dénonçant la force brutale, tragique et destructrice qui fait l’actualité. (Photo Bernard Tourrette)

Un monde en transformation, ce qu’il a été, ce qu’il est, ce qu’il veut devenir ou ce qu’il peut devenir, demeure un thème omniprésent pour les jeunes photographes qui tissent des liens entre passé, présent et futur.

Emmanuel Tussore, Home, avec du savon d’Alep modelé a réalisé ses ruines architecturales qu’il a photographiées. Ces images entre en résonance avec l’actualité. Il propose la vision d’un monde tragique détruit par une force brutale, effacé à jamais.

 

 

Beaucoup de choses à découvrir (photo Bernard Tourrette)

Le festival propose cette année encore son Studio Photo.

Le Studio Photo du week-end remporte un vif succès depuis sa création en 2016. Faites-vous photographié seul ou accompagné dans l’environnement qui vous correspond le mieux ou qui vous tente, avec le photographe professionnel de votre choix. Inscription en ligne sur le site du festival (festival-circulations.com), choisissez un samedi, un dimanche ou encore un mercredi  (le 18 avril ou le 25 avril). Vous y aurez alors rendez-vous, entre 13h à 19h pour une séance qui durera 20 minutes. Il vous en coûtera 59 euros et vous repartirez avec un tirage A4 signé.

 

Lucie Pastureau, elle nous présente une vision d’une adolescence confrontée à ses interrogations.

Lucie Pastureau, Luminescence. Un travail de recherche mené dans un service d’accueil médicalisé pour adolescents mais sans optique thérapeutique. La photographe nous offre un moment surnaturel. Des portraits de ces jeunes qu’elle fait passer du positif au négatif.

Studio Defrost, Marie Ghetti & Marco Tiberion présentant leur travail dans la nouvelle Jungle de Calais.

Les artistes présentent leur travail aux visiteurs, ici pour le Studio Defrost Marco Tiberio  avec à ses côtés Maria Ghetti. Ils ont réalisé les images d’ Immorefugee, le programme immobilier officiel du camp de migrant de la « New Jungle » dans la périphérie de Calais.

La Ratp s’associe à nouveau cette année et présentent des œuvres exclusives dans des stations du métro, Bir-Hakeim (ligne 6), Jaurès (ligne 2), Hôtel-de-Ville (ligne 1), Châtelet (ligne 7), La Chapelle (ligne 2), Saint-Denis-Porte-de-Paris (ligne 13),Saint-Michel (ligne 4), Madeleine (ligne 14), Pyramides (ligne 14), Gare de Lyon (ligne 14) et les gares RER (Nanterre Université RER A, Luxembourg RER B). A la gare de l’Est d’autres photographes sont à découvrir.

Quelques photos à découvrir gare de l’Est

Des galeries se sont associées à l’événement : ARTE (Issy-les-Moulineaux, 92), Escale à La Grange aux Belles et Fisheye Gallery ainsi que la Librairie Photographique le 29 (Paris 10e) , Galerie Esther Woerdehoff (Paris 15e), Galerie Les Filles du Calvaire (Paris 3e), Galerie Madé (Paris 6e), Galerie VU’ (Paris 9e), Goethe Institut (Paris 16e), La Capsule (Le Bourget, 93), Little Big Galerie,  Le 247 et Ségolène Brossette Galerie (Paris 18e).

Little Circulation(s).Un des jeux de photos découpées, façon puzzle, à recomposer.

Les enfants de 5 à 12 ans n’ont pas été oubliés. L’exposition à leur hauteur offre des jeux inspirés par les séries présentées cette année.

Des conférences, des rencontres seront proposées tout au long du festival. Deux prix y sont proclamés, le prix Tribew qui récompense cette année l’italienne Alessandra Calo et l’autre prix sera celui du public pour cette nouvelle édition. Alors n’oubliez pas de voter. Le lauréat 2016 a été Laurent Kronental, en 2017 c’était Stéphane Winter.

Les lectures de portfolios par des professionnels, des séances de 20 minutes pour 10 euros, se dérouleront le samedi 24 et le dimanche 25 mars 2018 de 14h à 18h dans les écuries. Réservation sur le site du festival. On peut s’inscrire pour trois lectures.

Depuis Octobre 2016, l’association organisatrice Fetart a créé un site de vente en ligne, la galerie Circulation(s); il réunit une sélection des photos des artistes du festival ainsi que de jeunes photographes qui n’y ont pas participé. (www.galerie-circulations.com)

Sous la Halle (photo de Bernard Tourrette)

Photos : Bernard Tourette et Les Nautes de Paris

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