Beaux-Arts

La Casa de Velazquez a installé l’exposition « Habiter le Temps » au Pavillon Comtesse de Caen

Les Nautes de Paris ont découvert au Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts, quai de Conti, l’exposition Habiter le temps proposée par la commissaire Claude Bussac et préparée avec les 14 jeunes résidents de la Casa de Velázquez – Académie de France à Madrid, de septembre 2024 à juillet 2025. Leur travail est à voir et commenter, jusqu’au 22 mars 2026, entrée libre et gratuite.

Le travail de la 95e promotion de la Casa de Velázquez vous attend.

Ils sont au total 14 artistes en arts visuels et arts plastiques, cinéma, gravure, dessin-animation, gravure, peinture, installation, sculpture, photographie ainsi qu’un paysagiste. (à voir et écouter, l’Interview de la commissaire Claude Bussac en fin d’article).

A gauche, la directrice de la Casa de Velázquez Nancy Berthier, élue en 2022. Elle vient d’être réélue comme annoncé par le secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard qui a trouvé positive cette édition ; à droite, la commissaire de l’exposition Claude Bussac. En toile de fond, le travail d’Adrien Vescovi.
Adrien Vescovi

Adrien Vescovi a fait de nombreux aller et retour entre Madrid et Marseille pendant sa résidence car il ne pouvait pas installer son matériel grand format pour les toiles qu’il confectionne et met en couleurs selon des procédés personnels.

Dessinant sur son carnet d’études à Madrid et pendant ses trajets, il était attentif aux combinaisons chromatiques des motifs qu’il a recréées sur ses grandes toiles de coton à Marseille dans des teintes ocres nées de la réutilisation de bains déjà colorés.

Après les Chambres de verre en 2024, Kaléidoscope en 2025, la commissaire Claude Bussac, directrice des études artistiques de l’Académie de France à Madrid, nous propose Habiter le temps.

L’expérience a été vécue différemment par chacun des résidents, quatre espagnols, cinq français, deux suisses, une italienne, un chilien, un mexicain.

Ces séjours démontrent qu’il existe différentes manières d’inscrire le geste artistique dans la durée en fonction des matériaux, des récits, présents, passés, futurs que chacun nous transmet ici.

Revenons à l’entrée de l’exposition

Le peintre suisse Jean Gfeller est devant un village espagnol qui pourrait être celui de ses parents partis s’installer en Suisse.

Dès la première salle, Jean Gfeller nous transmet avec une tendre mélancolie la solitude des siens dans un monde parallèle. Il donne une clef de lecture, un village espagnol sous un ciel devenu gris qui pourrait être celui de ses parents qui sont partis pour s’installer en Suisse.

La nature, l’environnement, notre habitat :

Yann Gross a découvert les palmiers aux palmes blanchies pour répondre au rituel du dimanche des rameaux.

Les photos de Yann Gross témoignent de cette transformation des palmiers dans la région de Elche.
Il s’interroge sur cette transformation qu’exerce l’homme sur la nature pour servir le spirituel.

Le livre du paysagiste Rémi Algis confronte L’Art de cultiver le vivant et sa vision de la fabrication des paysages.

Le Paysagiste-concepteur Rémi Algis a l’expérience des fermes agroécologiques et de la permaculture. il a présenté quelques pages de son livre mais pas ses dessins qui nous ont manqués.

Marine Lanier a visité les déserts Espagnols, Tabernas où ont été tournés les westerns de Sergio Leone, les Bardenas Reales et une serre abandonnée aux Canaries.

Marine Lanier affiche un dyptique qui confronte la solitude les déserts espagnols au désert personnel vécu par un homme en exil.

Gravures de Lucile Soussan

Alfonso Borragan a choisi le titre GEoD
Les géodes nées du magma sont des cavités d’air que l’artiste voit comme des imitations de notre estomac, à ses yeux la GEoD est une pierre corps.

Maria Rojas conduit des recherches sur les liens entre « l’oralité et l’eau, deux forces qui coulent, s’adaptent et se transforment. » Les mots et l’eau modifient nos territoires.

Les peintures et gravures de Lucile Soussan explorent et témoignent de la complexité de la forêt tropicale à La Réunion et de la forêt de pierres des Tsingy à Madagascar.

Le cinéma explore d’autres expériences avec trois films pour trois récits en cour de réalisation.

Juan Francisco Gonzalez filme, pas à pas, le témoignage de l’artiste muraliste Mono Gonzalez à propos des années 1970.

Le cinéaste chilien Juan Francisco Gonzalez, s’est installé pendant le Covid dans l‘atelier de l’artiste muraliste Alejandro Mono Gonzalez (Lauréat du prix national des arts visuels du Chili, en 2025). Il recueille ses souvenirs concernant la propagande sociale des années 1970, l’avant et l’après Pinochet.

Le dessin d’animation de Lucia Malerba et son projet Vert d’Enfer en technique mixte nous entraîne dans la forêt amazonienne et l’histoire de ses explorateurs.

On peut découvrir, les premières images du nouveau film que prépare Maxence Voiseux qui raconte dix ans d’un jeune garçon du Nord GABIN.

Argile, céramique, sculpture

Sandra Mar, nous présente Un rêve ordinaire, une installation

Sandra Mar réalise une céramique entre sculpture, écriture et dessin. L’argile est devenu pour elle un support de dialogue et tous les éléments de son installation se déplacent.

Paloma de la Cruz tisse l’argile, crée un vêtement comme une empreinte du vivant.
Une sculpture qui peut s’articuler comme une peau.

Paloma de la Cruz

Elle travaille les pièces d‘argile comme des morceaux de tissus qu’elle a cousus entre eux.

Elle présente ainsi une sculpture en céramique, comme une peau conservant la mémoire d’un corps vivant.

Omar Castillo Alfaro ne veut plus qu’on enferme les traditions.
Il a choisi de les faire vivre de manière contemporaine.

Le sculpteur mexicain Omar Castillo Alfaro met en valeur les mosaïques à plumes réalisées par les aztèques qui appartiennent à l’histoire coloniales du XVIe au XVIIIe siècle pour en offrir une réinterprétation contemporaine vivante.

La directrice nous a présenté l’activité éditoriale : un ouvrage de photos qui raconte la Casa de Velázquez, un livre d’artiste et le catalogue. Ils sont à retrouver à la Librairie de l’Institut. A ses côtés Marc Armengaud et Thereza Lochmann.

Nancy Berthier présentait la collection beaux-livres de La Casa de Velázquez, avec deux nouveaux ouvrages l’un de Marc Armengaud et l’autre d’une artiste qui a été résidente Thereza Lochmann, sans oublier bien sûr le dernier catalogue du travail des résidents mis en pages sous forme de leporellos.

A voir en complément les articles les Nautes de Paris à propos des deux autres expositions préparées par les résidents avec la commissaire Claude Bussac :

Les chambres de verre en février-mars 2024, 93e promotion 2022-2023

-Kaleidoscope en février-mars 2025, 94e promotion 2023-2024

Claude Bussac, la commissaire de l’exposition nous présente Habiter le temps :

Entretien avec Claude Bussac directrice des études artistiques à la Casa de Velázquez

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