Cinéma

Jean-Jacques Annaud, incursion dans le « chantier invisible » de ses films

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, avenue des Gobelins, Paris 13e, nous dévoile les secrets de fabrication d’un Maître du 7e art, Jean-Jacques Annaud.

Caméras de 1960 : Ercsam Camex cellule reflex 8 mm et
Pathé Webo M 16mm

Alors qu’il est tout jeune, son père lui offre un appareil photo puis une caméra 8 mm avec laquelle il réalise de petits films. Il améliore son matériel au fil du temps et suit une formation à l’école Louis Lumière et à l’IDHEC. Il fait également des études de lettres à la Sorbonne. Il possède une solide culture en Hstoire et Lettres.

Il débute au cinéma avec la réalisation pour Jean Mineur d’une centaine de spots publicitaires. Vous pourrez en revoir quelques uns dans le cadre de l’exposition, notamment, le premier : « Le tic du serveur, Orangina, 1972. »

Sous le titre : « Le chantier invisible » nous voici transportés dans son univers, aux sources de ses différents projets, mais aussi aux origines de sa carrière.

Cette maquette pour Notre-Dame brûle nous accueille.

En 2022, sort le film sur la catastrophe qui a touché Notre-Dame. Il raconte, heure par heure, le 15 avril 2019, un travail réalisé avec 11 caméras.

La camera Solido 70 Imax 3D, 1995, format 70mm a été utilisée pour le film « Guillaumet les ailes du courage, » sorti en 1995.

Il utilise de nombreuses caméras pour chaque film, la camera 3D présentée, ici, pèse 150 kg mais passe à 250 kg avec ses accessoires. Elle a été utilisée à 3000m d’altitude pour 3 minutes d’images racontant la chute de l’avion de Guillaumet dans la Cordillère des Andes, en 1930.

Son univers est le Monde comme nous le montre ici ses lieux de repérage et de tournage.

Nous plongeons, dans les préparatifs méticuleux et passionnés du cinéaste, en voici un aperçu.

La musique, le chantier sonore, avec des partitions pour L’Ours (1988) de Philippe Sarde.

La musique. La post-synchronisation des films est systématique pour « s’affranchir des pollutions sonores. » Le compositeur est le premier spectateur du pré-montage. Exception pour L’Amant, il a demandé, plusieurs mois avant de commencer à filmer, à Gabriel Yared « quelque chose de très simple comme un arpège. » Il a tourné avec cet air en tête.
La musique de Stalingrad (2001) souhaitée sans « emphase spectaculaire » est de James Horner.

Pour L’Ours, sa quête a été longue avant de trouver l’animal qui serait sa vedette.

Le projet. Moment crucial, la présentation aux producteurs qui devront assurer la partie financière. Un épisode toujours délicat car il lui faut séduire et convaincre.

Pour Le Nom de la rose, une quinzaine de gravures ont été réalisées par des dessinateurs pour « créer les univers visuels qu’il avait en tête afin de convaincre les producteurs. » Ici quatre gravures de : Vincent Bazire, Enki Bilal, Michel Blanc-Dumont et Pierre Clayette (1983).

Le Nom de la rose, d’après le roman d’Umberto Eco est sorti en 1986, il a choisi, en préambule, de faire appel à des dessinateurs et scénographes de renom pour qu’ils saisissent l’esprit du film en devenir. Une quinzaine de gravures ont été réalisées.

Un monastère a été construit près de Rome pour Le Nom de la Rose.

Les lieux de tournages et les décors. Certains seront entièrement construits à partir de documents historiques, comme le monastère pour Le Nom de la rose. La tour sera brûlée lors de la dernière séquence filmée.

Le tournage de Stalingrad, au premier plan le char
La maquette du char

Les costumes font l’objet de toutes les attentions.

Un important travail de recherches pour les Deux frères (2004)

Pour Les Deux-frères (2004), Pierre-Yves Gayraud créateur de costumes a réalisé les robes de Paulette et Pierre Quefféléan le chef décorateur trouvera des statuettes de divinités cambodgiennes qui seront spécialement sculptées par des restaurateurs du musée de Phnom-Penh.

La robe dont Marguerite Duras parle dans son livre L’Amant est dans le film (1992)
Projet d’affiche pour L’Amant

Les affiches retiennent toute son attention et s’adaptent au public auquel elles s’adressent lors de la projection du film. Elles changent d’un pays à l’autre.

Les affiches sont elles aussi l’objet de toutes ses attentions.
Les affiches changent d’un pays à l’autre.
Deux académiciens dans la cour de l’Institut de France en 2016 : Jean-Jacques Annaud (à gauche) a fait le discours d’installation de Jacques Perrin (à droite) à l’Académie des beaux-arts en 2016.

Le parcours nous invite à entrer dans des préparatifs spécifiques à chaque film.

Est mis en évidence, le grand soin qu’il porte à tout ce qui va faire naître un projet, le modifier, lui permettre de le mener à son terme puis de le suivre, pas à pas, auprès du public.

Des storyboards avec croquis, décors, angles de prises de vues, découpage, accessoires nécessaire, mouvements des acteurs et mouvements de la caméra figurent dans l’exposition.

Jean-Jacques Annaud est membre de l’Académie des beaux-arts, section « mise en scène », depuis 2012.

Il a prononcé le discours d’installation de Jacques Perrin, en 2016. 

Il rappelait à cette occasion que Jacques Perrin avait produit son premier film la Victoire en chantant, tourné en Côte d’Ivoire, en 1976 ; ressorti en 1977 sous le titre Noirs et Blancs en couleur.

Cette séquence est consacrée au Nom de la rose.

Rappel de sa filmographie :

1976 : la Victoire en chantant
1979 : Coup de tête
1981 : La Guerre du feu
1986 : Le Nom de la rose
1988 : L’Ours
1992 : L’Amant
1995 : Guillaumet, les ailes du courage
1997 : Sept Ans au Tibet
2001 : Stalingrad
2004 : Deux Frères
2007 : Sa Majesté Minor
2011 : Or noir
2015 : Le Dernier Loup
2018 : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (série)
2022 : Notre-Dame brûle

A voir jusqu’au 31 octobre 2026, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.
La fondation est fermée, le dimanche et le lundi.
Mardi 14h-20h30, Mercredi et jeudi 14h-19h, vendredi 14h – 20h30 et samedi 11h30- 19h.
Tarif plein : 5 euros

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