L’Hôpital Sainte-Anne accueillait en 1950 la première exposition international d’art psychopathologique. Depuis, un musée a été créé pour abriter sa collection hospitalière internationale qui continue de s’étoffer. Le Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, le MAHHSA a obtenu le label Musée de France en 2016. Il est le premier musée hospitalier à l’avoir obtenu. Il est géré par l’association d’intérêt général, le Centre d’Étude de l’Expression CEE qui dispense des formations en Art thérapie au sein du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Devenu un lieu d’enseignement, de recherche, de documentation et de conservation de cette collection institutionnelle, le MAHHSA est à l’étroit et propose, aux visiteurs, comme regard sur sa collection des expositions temporaires, deux par an. Le Musée n’a pas de salle permanente.
Ainsi du 16 avril au 26 juillet 2026, sont à découvrir ses « Chefs-d’œuvre au cœur de la collection Sainte-Anne ».

L’exposition réunit des œuvres emblématiques. Elle s’articule à travers six thèmes transversaux comme « une préfiguration d’un musée permanent », souligne le docteur, psychiatre et psychanalyste, Anne-Marie Dubois, la responsable scientifique du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, commissaire de l’exposition.
Sans hiérarchie chronologique, nous sommes invités à regarder sans a priori. « Nous souhaitons faire parler ces chefs-d’œuvre, en mêlant histoires, thèmes et contextes, sans les réduire à la maladie de leurs auteurs »

Témoins sur l’asile et l’hôpital, de 1858 à 2020, 145 dessins et peintures offrent des réflexions sur l’histoire de la psychiatrie et les ateliers artistiques. Travaux remarquables d’artistes devenus patients, de patients devenus artistes, ou d’artistes témoins de la psychiatrie, une sélection.

« C’est encore une fois l’occasion de rappeler que la source de la création n’est pas la maladie ou le délire, mais que quelqu’un qui a investi une réelle démarche artistique avant la maladie peut la conserver. Par ailleurs l’institution de traitement ne tarit pas l’inspiration ou la créativité. » Soulignait Anne-Marie Dubois à l’occasion de l’exposition consacrée en 2001 à Maurice Blin.
Les œuvres des patients se mêlent donc à celles de thérapeutes, d’artistes reconnus.
Histoire d’asile et de refuge : « espace de protection et d’enfermement »


Rêves de paysage et d’aventure : « artistes ou malades qui se sont emparés de l’expression graphique donnent parfois forme à des créations considérées comme des échappées. »
On retrouve dans cette partie Un Auto-locomoteur aérien à grande vitesse pour migrer un mois, de l’exposition de 1950, réalisé au crayon graphite, encre noire et crayon de couleur sur papier.

Les univers imaginaires : « constructions fantastiques élaborées et certaines figures hybrides »


Brut et joli : « ce thème met en tension deux esthétiques : la spontanéité brute et la recherche du beau, voire du joli. »
« Artistes et patients, témoins et créateurs mettent en lumière le dialogue qui s’instaure entre l’art et la psychiatrie... Dans les établissements psychiatriques les ateliers d’art offrent un espace de liberté qui s’inscrit comme l’affirmation d’un acte de création qui valorise la singularité de chacun. »



Unica Zum a été la compagne d’Hans Belmer. Elle participait aux ateliers et réalisait des travaux à la gouache sur papier en format raisin. Henri Michaux qui lui a rendu visite, lors de séjour à l’hôpital, lui a inspiré « l’Homme Jasmin ».
L’intime et le vivant : « les œuvres de cette section donnent accès aux expressions profondément personnelles, une sorte de vie intérieure. »

Les dessins sur Canson noir de Noëlle Defages permettent de souligner qu’elle a fréquenté les premiers ateliers d’expression graphique mis en place par le Docteur Volmat.
Le symbolisme : « objets, figures et motifs s’organisent en langages symboliques souvent complexes, porteurs de sens multiples. »
On retrouve :
La série de médailles réalisées par Josome Hodinos (Joseph Ernest Ménétrier dit) artiste graveur. chacune de ces Médailles est accompagnée d’un texte très précis.
Les réalisations délicates d’Anna Hackel (1930-1932)
Avant de quitter la deuxième grande salle de l’exposition qui réunit des œuvres de provenance diverses Inde, Pologne, Japon, Brésil, voici une création de Joao Rubens Neves Garcia (1950) artiste brésilien qui a séjourné à l’hôpital Juquery (Sao Paolo).

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Sans oublier que le musée possède son site d’informations : https://www.navigart.fr/mahhsa/artworks
Adresse : 8 rue Cabanis, 75014 Paris, métro Glacière, ligne 6.
Pendant l’exposition le musée est ouvert du mercredi au dimanche inclus de 13h à 18h.
Tarif 5 euros – Gratuit pour les Amis du Musée, les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi, le personnel et les patients du GHU, ainsi que pour les détenteurs de carte de presse et Icom.


