A découvrir, jusqu’au 31 mai 2026, au Pavillon Comtesse de Caen, Palais de l’Institut de France, le travail de la lauréate de la 10e édition du Prix Mario Avati-Académie des beaux-arts.

L’œuvre de la dessinatrice et graveuse Sud-africaine Diane Victor, née en 1964 à Witbank, démontre que même si son pays est sorti officiellement de l’apartheid, de la guerre raciale en 1991, -avec l’abolition de la dernière loi raciale, et la libération des prisonniers politiques dont Nelson Mandela–, la paix obtenue n’est pas pour autant sereine et demeure complexe.

Sa famille s’est installée dans une petite exploitation agricole à Halfway House, près de Johannesburg, après un accident minier qui a laissé son père handicapé.

Elle vit entourée d’animaux, de chevaux.


Son travail met en lumière la violence portée par les effets durables de la ségrégation, la rage identitaire, sociale, politique qui s’est exercée et demeure présente dans les esprits.

Elle souligne la grande fragilité humaine qui fait plier sous le poids de l’oppression.
L’homme demeure un loup pour l’homme, férocité et bestialité sont présentes partout. En Chine, elle a découvert que le rhinocéros est massacré pour sa corne, réputée aphrodisiaque, et à laquelle la médecine traditionnelle attribue des vertus anticancéreuses.

Elle enseigne, partage et transmet son savoir-faire. Elle pratique la taille douce, la lithographie, la manière noire. Elle utilise des cendres, de la fumée pour de nouvelles expériences.


Elle partage son temps entre l’Afrique du Sud avec ses créations, ses cours et ses séjours en France pour des expérimentations et des tirages en grand format avec son imprimeur-partenaire.

L’artiste et le lithographe Francis van der Riet qui a réalisé plusieurs tirages pour l’exposition, dont celui-ci.
Depuis 2016, chez l’imprimeur lithographe Francis van der Riet, directeur de l’Atelier le Grand Village, elle travaille en grand format et conduit ainsi, à Massignac, en Charente, non loin de La Rochefoucauld, de nombreuses expériences, en toute liberté.

L’imprimeur lui laisse toute latitude pour ses créations, l’accompagne, la conseille et imprime certaines de ses réalisations, comme ici pour l’exposition.
A retrouver sur Youtube ou à découvrir au Pavillon Comtesse de Caen,
la vidéo : Diane Victor at Atelier le Grand Village qui montre les étapes de la création.
Petit rappel de ce qu’est le Prix Mario Avati, voulu par le graveur lui-même et son épouse.


Sous l’égide de l’Académie des beaux-arts, en partenariat avec la CAF America (Charities Aid Foundation America) qui soutient l’héritage philanthropique d’Hélène et Mario Avati, le prix a été décerné, le 1er avril 2026, pour sa 10e édition. Doté d’un montant de 40 000US$, il est devenu biennal depuis 2021.
Mario Avati (1921-2009) a pratiqué toutes les techniques de gravure avant de s’orienter vers la manière noire (1957) passant du noir à la couleur à partir de 1969.
« Le prix a pour vocation d’encourager les artistes qui par la qualité de leur œuvre, contribuent à faire progresser l’art de l’estampe auquel Mario Avati a consacré sa vie. Il récompense un artiste confirmé, de toute nationalité, pour son œuvre gravé, quelle que soit la technique d’impression utilisée. »
Exposition, Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts, jusqu’au 31 mai 2026
Palais de l’Institut de France, 27 quai Conti, Paris VIe
entrée libre et gratuite du mardi au dimanche de 11h à 18h.
Vous aimerez peut-être retrouver quelques lauréats en suivant les liens :
Ade Adesina (Royaume-Uni) 2023, membre du jury 2025
Mireille Baltar (France) et Siemen Dijkstra (Pays-Bas) 2021
Jenny Robinson (Royaume-uni) en 2019
Jan Vicar (République Tchèque) en 2018


