Dessin

Le Musée de la Toile de Jouy raconte l’histoire des Indiennes

Le Musée vous explique tout sur la production et détaille ici les étapes des Indiennes.

Dès le XVIIe siècle les Indiennes sont les tissus à la mode qui séduisent pour la décoration mais aussi les vêtements, plus solides que la soie et la laine, plus séduisantes par leurs motifs que le lin. Ces cotons imprimés arrivent en France par le biais de la Compagnie des Indes orientales fondée par Colbert. Ces cotonnades font rapidement une très forte concurrence à la soie et la laine. Les Indiennes vont être interdites, de vente, de production et à l’importation par Louis XIV, dès 1686. Une forte contrebande naitra et leur succès ne faiblira pas. Louis XV en autorise la production en 1759.

Cette chambre permet de juger de la variété des possibilités offertes par les toiles en matière de décoration.
Robe aux motifs floraux, Grand Siècle. Tenue de Christophe-Philippe Oberkampf pour recevoir la Légion d’honneur remise par Napoléon 1er en 1806

Christophe-Philippe Oberkampf, originaire du Wurttenberg (Allemagne) appartient à une famille d’artisan spécialiste en impression sur étoffes. Il est venu travailler à Paris chez Jacques Daniel Cottin, en 1758, sans doute sur son site installé au bord de la Bièvre. Il participe, et dessine pour l’impression d’Indiennes. Il y préparera un travail confidentiel, un meuble pour la marquise de Pompadour.

Autre période
Diversité des toiles imprimées

Remontant le cour de la Bièvre, il s’installe grâce à ses relations, en 1760, à Jouy-en-Josas sur la chemin de Versailles. Dans la maison du Pont de Pierre (devenue le Conservatoire de Musique), ils ne sont que trois, mais le succès est au rendez-vous. Il sera naturalisé français, en 1770. La manufacture s’étend progressivement sur 14 hectares. Elle emploie tout le village ainsi que des dessinateurs, des graveurs et des artisans de tous les métiers nécessaires à cette nouvelle activité qui s’y installe. Louis XVI l’anoblit en 1787.

Plaque gravée

Sa manufacture est devenue, dès juin 1783, Royale. Pour célébrer cette distinction, Oberkampf commandera à Jean-Baptiste Huet la réalisation des « Travaux de la Manufacture » qui illustre toutes les étapes de production des Indiennes. La Reine Marie-Antoinette, lui rendra visite. Napoléon 1er lui remettra la légion d’honneur en juin 1806 et Joséphine viendra à plusieurs reprises pour des commandes.

Les Indiennes de Jouy sont imprimées sur des tissus de coton qui nécessitent un premier traitement à leur arrivée.

Les premiers motifs sont gravés, d’après le dessin réalisé à la gouache, dans des planches de bois dur. Puis par superpositions de planches plus tendres dite « impression au cadre » pour plus de détails et nuances de couleurs.

Les planches de bois seront remplacées par des plaques de cuivre puis par des rouleaux de cuivre, une invention mise au point par l’écossais Thomas Bell dès 1783.

Les rouleaux de cuivre

Pour l’ameublement, les allégories, les scènes avec personnages comme « Le travail à la manufacture » ou des sujets plus légers, les scènes de galanterie sont en camaÏeux de bleu, rouge, vert, jaune. Les motifs floraux, les jardins, la nature sont dans l’esprit des Lumières et séduisent.

Activité ludique, on peut derrière le pupitre créer un motif au choix.

Un première épreuve sur papier permettra de vérifier s’il n’y a pas de défaut. Les toiles sont étendues dans les champs. Leurs couleurs créent et offrent la première image de cette activité que découvre alors les visiteurs entrant dans Jouy-en-Josas.

En 1797, commencera l’impression au rouleau de cuivre. A la fin du 18e siècle, les Toiles de Jouy constituaient la seconde manufacture française derrière Saint Gobain. En 1805, une moyenne de 5000 mètres de toile était imprimée par jour.

L’activité s’éteint progressivement après le décès du fondateur en 1815. La manufacture reprise par Barbet de Jouy fermera en 1843.

Des chaussures habillées en toile de Jouy

Le Musée de la Toile de Jouy, fondé en 1977, a reçu le label Musée de France. Il perpétue le souvenir de la manufacture, désormais installé au Château de l’Églantine.

Il assure la promotion de l’œuvre de Christophe-Philippe Oberkampf qui inspire toujours créatifs, artistes, couturiers, professionnels du textile.

Une tunique. Des créations contemporaines

La manufacture a créé plus de 30 000 motif imprimés à la planche et plus de 500 à la plaque et au cylindre. Mais seule une partie de ces motifs a pu être protégée avec une appellation déposée en 2023 : « Toile de Jouy depuis 1760« . La collection du Musée réunit 12 000 œuvres.

Pendant la visite, une pause le temps de reconstituer un puzzle en vente à la boutique.

La boutique propose des toiles, mais aussi de nombreux objets dérivés de décoration et d’agrément, de la vaisselle au parapluie, des jeux, de la papeterie et chaque année des nouveautés.

En mars 2010, a été créée l’Association des Amis de la Toile de Jouy qui propose de nombreuses animations (visites guidées, conférences, expositions temporaires, ateliers).

L’histoire des Indiennes continue à inspirer les créatifs avec la Collection Toile de Jouy depuis 1760.

Château de l’Églantine, 54 rue Charles de Gaulle, 78350 Jouy-en-Josas
Visites : mardi 14h-18h et du mercredi au dimanche de 11h à 18h. fermé le lundi et le mardi matin.
Tarif : 9 euros tarif réduit 7 euros. Visite guidée : droit d’entrée + 2 euros

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