Beaux-Arts

Diane Victor Prix de Gravure Mario Avati, témoin des Désastres de la Paix

A découvrir, jusqu’au 31 mai 2026, au Pavillon Comtesse de Caen, Palais de l’Institut de France, le travail de la lauréate de la 10e édition du Prix Mario Avati-Académie des beaux-arts.

Prendre le temps de détailler et retrouver chaque trait, chaque technique du dessin, de l’estampe… Dans cette salle retrouvez le visuel de l’affiche de l’exposition, la Robe : Dress, élément du tryptique Trinity Fetish ; eau-forte, aquatinte, manière noire et gaufrage.

L’œuvre de la dessinatrice et graveuse Sud-africaine Diane Victor, née en 1964 à Witbank, démontre que même si son pays est sorti officiellement de l’apartheid, de la guerre raciale en 1991, -avec l’abolition de la dernière loi raciale, et la libération des prisonniers politiques dont Nelson Mandela, la paix obtenue n’est pas pour autant sereine et demeure complexe.  

Diane Victor la lauréate et Erik Desmazières membre de la section gravure et dessin de l’Académie des beaux-arts, et du Jury de l’édition 2025. Il nous a présenté le contexte dans lequel s’exprime cette novatrice en matière d’estampe contemporaine.

Sa famille s’est installée dans une petite exploitation agricole à Halfway House, près de Johannesburg, après un accident minier qui a laissé son père handicapé.

Le cheval, une de ses sources d’inspiration transporte ses messages

Elle vit entourée d’animaux, de chevaux.

Disasters of Peace. Depuis 2001, le décès de sa mère a initié cette série les Désastres de la Paix, toujours en cours. Elle témoigne de violences ordinaires en Afrique du Sud, au quotidien… comme ailleurs.
Une sélection de cette série sans fin inspirée par Goya (plus de 50 gravures) ; eau-forte, aquatinte, 28x32cm

Son travail met en lumière la violence portée par les effets durables de la ségrégation, la rage identitaire, sociale, politique qui s’est exercée et demeure présente dans les esprits.

Les actes humains : Learning Posture, entre domination – contrainte et grille de sécurité. Le gaufrage habille cet univers.

Elle souligne la grande fragilité humaine qui fait plier sous le poids de l’oppression.

L’homme demeure un loup pour l’homme, férocité et bestialité sont présentes partout. En Chine, elle a découvert que le rhinocéros est massacré pour sa corne, réputée aphrodisiaque, et à laquelle la médecine traditionnelle attribue des vertus anticancéreuses.

The Rhinoceros who looks at the sky (2012), témoigne du massacre des rhinocéros, avec cet animal qui regarde vers le ciel.

Elle enseigne, partage et transmet son savoir-faire. Elle pratique la taille douce, la lithographie, la manière noire. Elle utilise des cendres, de la fumée pour de nouvelles expériences.

Sa création la plus récente, l’ours russe criblé de fétiches, de faux messages, pièges à pensée. Il piétine la ville ; Imprimé en report numérique.
Gros plan

Elle partage son temps entre l’Afrique du Sud avec ses créations, ses cours et ses séjours en France pour des expérimentations et des tirages en grand format avec son imprimeur-partenaire.

The deposition of old ideologies (2020) ; dessin, fusain, cendre au papier. Une Pieta, cette vierge qui porte les misères du Monde, la souffrance, la mort.
L’artiste et le lithographe Francis van der Riet qui a réalisé plusieurs tirages pour l’exposition, dont celui-ci.

Depuis 2016, chez l’imprimeur lithographe Francis van der Riet, directeur de l’Atelier le Grand Village, elle travaille en grand format et conduit ainsi, à Massignac, en Charente, non loin de La Rochefoucauld, de nombreuses expériences, en toute liberté.

Francis van der Riet, devant un tirage réalisé sur la grande presse de l’Atelier du Village.

L’imprimeur lui laisse toute latitude pour ses créations, l’accompagne, la conseille et imprime certaines de ses réalisations, comme ici pour l’exposition.

A retrouver sur Youtube ou à découvrir au Pavillon Comtesse de Caen,
la vidéo : Diane Victor at Atelier le Grand Village
qui montre les étapes de la création.

Petit rappel de ce qu’est le Prix Mario Avati, voulu par le graveur lui-même et son épouse.

Le Pavillon Comtesse de Caen accueille l’exposition de l’artiste choisie par le jury, à l’unanimité en 2025, Diane Victor.

Sous l’égide de l’Académie des beaux-arts, en partenariat avec la CAF America (Charities Aid Foundation America) qui soutient l’héritage philanthropique d’Hélène et Mario Avati, le prix a été décerné, le 1er avril 2026, pour sa 10e édition. Doté d’un montant de 40 000US$, il est devenu biennal depuis 2021.
Mario Avati (1921-2009) a pratiqué toutes les techniques de gravure avant de s’orienter vers la manière noire (1957) passant du noir à la couleur à partir de 1969.

« Le prix a pour vocation d’encourager les artistes qui par la qualité de leur œuvre, contribuent à faire progresser l’art de l’estampe auquel Mario Avati a consacré sa vie. Il récompense un artiste confirmé, de toute nationalité, pour son œuvre gravé, quelle que soit la technique d’impression utilisée. »

Exposition, Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts, jusqu’au 31 mai 2026
Palais de l’Institut de France, 27 quai Conti, Paris VIe
entrée libre et gratuite du mardi au dimanche de 11h à 18h.

Vous aimerez peut-être retrouver quelques lauréats en suivant les liens :

Ade Adesina (Royaume-Uni) 2023, membre du jury 2025

Mireille Baltar (France) et Siemen Dijkstra (Pays-Bas) 2021

Jenny Robinson (Royaume-uni) en 2019

Jan Vicar (République Tchèque) en 2018

Commentaires

Laisser mon commentaire

Notre boutique en ligne

Boutique

Les libraires partenaires

Recherche