La nouvelle saison, du 8 mai au 18 octobre 2026, à la Maison Caillebotte, inscrite dans le parcours « Destination impressionnisme », à Yerres (Essonne) nous offre deux nouvelles expositions.
LA NATURE N’EST PAS UN DÉCOR


La directrice et commissaire Valérie Dupont-Aignan a choisi un thème coloré, dynamique, en grand format pour la grande exposition présentée à la Ferme Ornée : « La nature n’est pas un décor ».
Pour le centenaire de la mort de Claude Monet, ami de Gustave Caillebotte, la commissaire a choisi de faire dialoguer deux œuvres tardives de Monet avec celles d’artistes contemporains ayant déjà exposé à la Maison Caillebotte. Une exposition qui s’inscrit dans l’histoire du lieu.
L’exposition réunit :
Jacques Truphèmus (1922-2017),
Markus Lüpertz (1941),
Erik Desmazières (né en 1948),
Malgorzata Paszko (née en 1956),
Evi Keller (née en 1968),
Ronan Barrot (né en 1973), Charlotte de Maupeou (née 1973), Youcef Korichi (né en 1974).
Le paysage après Monet, un art silencieux, le sentiment de la nature qui se vit, s’éprouve.
Jacques Truphémus, peintre d’atmosphère, a exposé à Caillebotte en février 2017, quelques mois avant sa mort. Il saisissait « de ces moments fragiles de bonheur visuel et sensuel donnés par la nature paisible et enveloppante ».

Malgorzata Paszko venue de Varsovie est passée par la Villa Médicis. Elle s’est installé en Normandie. L’artiste travaille au sol, par empreinte. Elle utilise une peinture très diluée qui passe dans l’envers et sur la toile placée dessous « pour récupérer la peinture qui se répandait d’une manière plus libre et plus intéressante que par mon pinceau ». Concernant l’étang près de chez elle, elle obtiendra un effet de vague par pliage à découvrir dans l’exposition.

Evi Keller écrit la lumière, les pages du Livre d’Etoiles. Elle raconte la naissance et la mort des éléments. Sa fresque, immense parchemin de feu, évoque l’histoire humaine faite de combats, depuis les grottes de la préhistoire. Olivier Schefer y voit « un Guernica de notre temps« .

Nous laissera-t-elle tourner les pages du livre?

Youcef Korichi nous invite à repenser la modernité. Il peint nuage, flaque, écorce, écume, chêne, sol comme des invitations au rêve, à la poésie sollicitant l’imagination.

Markus Lupertz, « L’histoire humaine n’a jamais quitté le paysage et celui-ci reste travaillé par ce que les hommes y font et en font« , souligne Olivier Schefer. Guerre et conflits laissent leurs traces dans le paysage et dans l’esprit du peintre.

Ronan Barrot : « Je fais des rythmes d’où quelque chose va surgir, la nature n’est pas un décor, c’est une ère où quelque chose advient. » Diane met en scène des personnages qui ressemblent à des âmes errantes, sortis d’un paysage de boue et de sang. Les arbres résistent sous le souffle du vent qui fait penser au royaume des Enfers.

Charlotte de Maupeou, après avoir refuser de peindre du paysage, elle le peint désormais en toutes saisons. Elle se déplace avec tout son matériel. Son atelier du plein air repose sur ses grandes planches en bois qui ont remplacé la toile. Elles les installent au sol pour peindre directement sur place.


Une démonstration est prévue, la date n’est pas encore fixée.
Erik Desmazières : La nature au fil de l’œuvre : fragment d’une autobiographie gravée et dessinée. Les œuvres réunies ici nous conduisent à Bordeaux, en Bourgogne à Paris, rue Livingstone. L’immense graveur est aussi un dessinateur de tous les instants, qui passe de la mine de plomb à l’aquarelle, la gouache, la tempera.


Nous avons évoqué brièvement quelques œuvres des artistes réunis ici. Le catalogue est indispensable; une coédition In Fine éditions d’art et Maison Caillebotte, ville de Yerres, 2026.
Partons vers l’Orangerie maintenant. Les modèles de Dominique Renson nous y attendent.

A L’ORANGERIE, Dominique RENSON

Expérimenter une idée, la mener jusqu’au bout.
C’est ce qui s’est passé pour Le Cri qui a été choisi pour l’affiche de l’exposition de Dominique Renson : « Artiste et modèles » présentée jusqu’au 18 octobre 2026.
« Je rêve d’inventer une nouvelle peinture réaliste qui n’ait plus rien à voir avec la peinture figurative du moment, » a-t-elle déclaré lors d’un entretien avec Paul Ardenne.
Nous sommes accueillis par une superbe toile de la série Autoportrait à Santorin :

Elle réalise de nombreux portraits de personnes qu’elle connaît qu’elle choisit pour différentes séries.
Certaines personnalités ont leur propre série comme Yves Saint Laurent.

Observatrice du monde qui l’entoure, elle aime faire appel à ses amis en qui elle a toute confiance pour les embarquer dans des mises en scène où ils jouent le jeu qu’elle leur assigne.

Pour chacune de ses séries, elle commence par un autoportrait, sensible au fait que « Lorsque je peins un être humain, j’ai toujours la mort en présence parce que le corps vit et meurt… Je voudrais que mes peintures prennent corps dans la chair même de mes modèles. »
Elle s’est peinte en gisant pour la série sur cette thématique.

La Maison Caillebotte a édité un catalogue qui vous permettra de mieux comprendre la démarche de l’artiste.
Information à suivre, le restaurant du chalet devrait ouvrir le 10 juin prochain.


