Académie des beaux-arts

Salomé, le mythe, la femme fatale, deux visions face à face, Gustave Moreau et Jean-Jacques Henner 

Charles Villeneuve de Janti, directeur des musées Jean-Jacques Henner et Gustave Moreau

Le 18 février 2026, les Nautes de Paris était au Musée Henner, avenue de Villiers, pour y faire une belle rencontre pleine de surprises.

En 2017, le musée national Jean-Jacques Henner et le musée national Gustave Moreau ont été regroupés en un même établissement public.

Les deux maisons-ateliers musées, placées sous la direction de Charles Villeneuve de Janti depuis 2023, nous proposent leur première exposition commune.

Salomé, l’héroïne mythique a inspiré deux peintres membres de l’Académie des beaux-arts Gustave Moreau (élu en 1888) et Jean-Jacques Henner (élu en 1889). Elle a nourri leur imagination.

Elle est à découvrir au Musée Jean-Jacques Henner, préparée sous l’œil vigilant de Maëva Abillard conservatrice en chef du Musée et des deux équipes très motivées et passionnées qui présentent une trentaine d’œuvres.

L’acquisition en 2024 par le musée Henner d’un tableau du peintre, représentant Salomé (version tardive de 1904), en recourant, pour la première fois et avec succès à un financement participatif, est à l’origine de cette exposition.

Gustave Moreau: Salomé fusain et pierre noire sur papier, (Photo : Paris musée Gustave Moreau – Grand Palais RMN Tony Querec)

Héroïne fatale de l’histoire biblique, citée brièvement dans les textes, Salomé la meurtrière a marqué les esprits créatifs traversé le temps, les grandes périodes artistiques, et fasciné les symbolistes de la fin du XIXe siècle.

Elle fait partie des figures maudites affectionnées par Gustave Moreau.

« sous son pinceau, la danseuse devient une idole plus qu’une femme, un cristal d’ambiguïtés où le désir, la spiritualité et la cruauté se stratifient ».

Elle a nourri son imagination pendant plus de vingt ans.

Vous pourrez découvrir, les peintures bien sûr, mais aussi des dessins, des essais des deux peintres, différentes études.

Cette sélection ne doit pas nous faire oublier que tous les deux étaient sous son charme et n’avaient pas les mêmes fantasmes.

La jeune fille s’était transformée sous leurs pinceaux en femme fatale.

Jean-Jacques Henner, dessins
Jean-Jacques Henner : Salomé, dite à tort Hérodiade, présentée au salon de 1887.

Pour Jean-Jacques Henner au-delà de l’histoire qui inspire ses premiers tableaux présentés au salon : la Tête de saint Jean-Baptiste en 1877 et Hérodiade en 1887, intitulée par erreur du nom de sa mère. Le corps de cette beauté fatale va le fasciner.

La première œuvre exposée par Jean-Jacques Henner au salon de 1877, sera la Tête de saint Jean-Baptiste, huile sur toile, collection du musée de Boulogne-sur-mer. Son modèle, connu du Tout-Paris, était son mécène.

L’ingénue va alimenter ses recherches sur le corps féminin, ce que démontre l’exposition et comme le souligne Maëva Abillard « entre sensualité et idéalisation », l’artiste nous offre une narration entre « la chair et l’Idéal ».

Jean-Jacques Henner : Salomé, robe rouge (variante tardive de 1904) ; Salomé, robe bleue (vers 1892, collection particulière)
La même fascination et un accessoire le plateau pour l’identifier.

L’exposition « Salomé, Henner et Moreau face au mythe » est donc présentée du 18 février au 22 juin 2026, au musée Jean-Jacques Henner, accompagnée d’animations, promenades, lectures, ateliers d’enfants, spectacles, visites guidées et même du yoga au musée

QUI EST SALOMÉ

Salomé, de Gustave Moreau. L’artiste a veillé sur ses tableaux avec soin. Il a choisi l’encadrement de chaque toile devant figurer dans le musée qu’il finalisait peu de temps avant sa mort. Il est un des rares artistes ayant préparé, de son vivant, tous les détails de son musée.
Gustave Moreau : Salomé dansant devant Hérode. Le peintre va progressivement couvrir le corps nu de tatouage, de bijoux, de tissus. Il en fait une déesse d’un Orient fantasmé.

Salomé est sortie des pages de la Bible, des textes des évangélistes de Marc et Mathieu qui ont raconté l’histoire de la fille d’Hérodias (Hérodiade).

Sa mère était remariée avec Hérode Antipas ce que dénonçait, car contre la loi, le prophète Jean-Baptiste (non cité dans la Bible, connu par les écrits de l’historien Flavius Josèphe).

Salomé, toute jeune, va danser pour l’anniversaire du roi. Il est sous le charme.

Séduit, il s’engage « sous serment public de lui donner tout ce qu’elle lui demanderait. »

Sur les conseils de sa mère, elle choisit : la tête de Jean-Baptiste. Son souhait est exhaussé, la tête mise sur un plateau lui sera offerte.

Elle va nourrir les fantasmes des hommes dès le Moyen-âge jusqu’à la Renaissance, traversera les grandes périodes de l’histoire de l’art.

Affiche de l’exposition : Salomé, Henner et Moreau face au mythe, musée national Jean-Jacques Henner

Les artistes de la fin du XIXe siècle quel que soit leur domaine de prédilection sont sous son charme avec notamment un opéra pour Richard Strauss, de nombreuses sculptures, une pièce d’Oscar Wilde.

Elle inspire les écrivains, notamment Joris-Karl Huysmans, Stéphane Mallarmé, Gustave Flaubert, Henrich Heine, Jean Lorrain…

Chacun offre sa propre vision, très personnelle, de cette meurtrière, héroïne romantique et sensuelle, d’une beauté voluptueuse et vénéneuse qui nourrit toutes les chimères.

Le visuel de l’affiche est aussi celui du catalogue indispensable pour ne pas manquer les informations essentielles afin de mieux comprendre cet engouement communicatif qui a gagné leurs contemporains.

INFORMATIONS PRATIQUES

Le catalogue : 88 pages, imprimées par Paragon PCCI (France) est disponible au musée Henner. Prix : 12 euros

Musée national Jean-Jacques Henner, 43 avenue de Villiers, Paris 17e
Tarif 8 euros, gratuit 1er dimanche du mois – Ouvert tous les jours sauf mardi (11h-18h) et jours fériés
Métro Malesherbes, ligne 3 ou Monceau, ligne 2

Musée national Gustave Moreau, 14 rue Christine de La Rochefoucauld, Paris 9e, Métro Trinité ligne 12
Tarif 8 euros, gratuit 1er dimanche du mois 5au 1er étage, les appartements ferment à 12h30)
Ouvert tous les jours sauf mardi (11h-18h) et jours fériés

A ne pas manquer, pour fêter le bicentenaire de la naissance de Gustave Moreau, le 6 avril 1826, le musée en partenariat avec les Manufactures nationales Sèvres-Mobilier national présentent, du 25 mars au 4 mai 2026, une exposition-dossier fascinante, totalement inédite, qui retracera pas à pas, la genèse de son ultime création, avec ses recherches, des dessins … et Le dessin préparatoire de 3,40 mètres de haut sur 2,40 mètres de large, pour la réalisation de la tapisserie de la Sirène et le Poète

Commentaires

Laisser mon commentaire

Notre boutique en ligne

Boutique

Les libraires partenaires

Recherche