

« Robert Capa photographe de guerre », l’exposition est à découvrir, du 18 février au 20 décembre 2026, au musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin, avenue du colonel Henri Rol-Tanguy (Paris 14e), Les commissaires Sylvie Zaidmann historienne, directrice du Musée et le journaliste, collectionneur Michel Lefebvre ont bénéficié d’une collaboration exceptionnelle de Magnum Photos.
Le projet est labellisé Bicentenaire de la Photographie.
Sa vie, ses reportages de guerre, tirages originaux, planches contacts, films, les magazines, Vu, Life, Regards… dans lesquels sont parues ses photos et pour lesquels il travaille, ainsi que ses livres qui sont exposés avec du matériel présenté ici.
Né Endre Friedmann à Budapest, le 22 octobre 1913. A partir de 1936, il devient Robert Capa célèbre photographe américain qui a couvert cinq guerres : Espagne, Chine, Seconde Guerre Mondiale, Israël et Indochine où il trouve la mort, le 25 mai 1954.
Antifasciste, juif, ses parents l’ont envoyé à Berlin pour étudier le journalisme. Mais, il développe du film dans un labo et prend ses premières photos pour l’agence Dephot de Simon Guttmann qui lui fournit un Leica et des pellicules. En 1932, Guttmann l’envoie photographier Léon Trotski en conférence à Copenhague. Ces premières photos sont publiées dans la presse allemande.

Il fuit le fascisme et l’antisémitisme, de Berlin à Vienne, de Vienne en Autriche en 1933 à Paris où il quitte son laboratoire rue Froidevaux (Paris 14e) en 1939, de Paris à New-York…

1936, avec Gerda Taro, il a créer son identité de photographe américain, sa notoriété. il est devenu Bob, diminutif de Robert Capa plus séduisant pour vendre ses photos à un meilleur prix.


Son œil capture au plus près, l’actualité, l’image qui documente, illustre et éclaire l’événement.
Il est un témoin engagé, impliqué qui saisit l’action et l’émotion.
Il suit au plus près des combats idéologiques et les guerres des années 1930-1950 :
La guerre d’Espagne. Il va rencontrer et sympathiser avec Hemingway qui écrira « Pour qui sonne le glas » (1940). il couvre cette guerre civile avec Gerda Taro et Chim pseudo de David Seymour. Il mobilise le public autour du cliché légendaire du soldat républicain qui meurt. Un doute est émis est-ce bien sa photo. Tous leurs clichés étaient réunis dans la célèbre valise mexicaine perdue en 1939,retrouvée en 2007, mais le négatif n’y est pas.
Il se rendra en Chine. Le pays se bat contre le Japon à Wuham en 1938.
Juin 1944, Omaha Beach, des interrogations entourent ses uniques 11 photos du débarquement. Capa s’est vu assigner cette plage, comme photographe pour le débarquement, avec un autre confrère. Des questions sont posées, un film du Monde est présenté au Musée, salle des conférence, sur ce sujet.

La Libération de Paris, il entrera dans la ville en passant dans son quartier. A Denfert-Rochereau, il est aux côtés du général Leclerc qu’il suit, au plus près, depuis qu’il sait qu’il conduit la 2nde division blindée qui entrera par la porte d’Orléans. Il partira ensuite en Allemagne, et plus tard se rendra en Israël en 1948 et 1950. Il partira en Indochine où il trouve sa mort, le 25 mai 1954.
Personnage mythique, il a tout du héros romantique, beau gosse, séducteur, beau parleur, bon vivant, il a vécu de belles histoires d’amour à Paris, avec sa compagne la photographe Gerda Taro (morte en Espagne en 1937), mais aussi avec l’actrice Ingrid Bergmann, rencontrée à Paris, au Ritz, en juin 1945 et qu’il retrouvera, après guerre, aux Etats-Unis.

Exigeant, il veut garder une totale liberté sur ses images prises au plus près de l’action. Elles ont une importance historique, certaines sont uniques et il ne veut pas que son témoignage soit déformé. Il ne veut plus dépendre de son commanditaire et conserver tous ses droits afin que ses photos ne lui échappent plus et perdent leur sens initial avec des cadrages et des légendes qui ne leur correspondent pas.

Enfin en 1947, Robert Capa (Bob), Henri Cartier-Bresson, David Seymour (Chim), George Rodger vont créer à New York , l’Agence Magnum sur un modèle coopératif avec deux bureaux, un à Paris et l’autre à New-York.
Si la guerre a été racontée en noir et blanc car les films sont plus rapide à développer, les photos couleurs longues à développer sont rares dans les sujets de guerre, le procédé en est à ses débuts. Capa l’utilisera après guerre, pour la mode, les plateaux de cinéma, les loisirs, les jeux, les sports d’hiver.
Vous serez peut-être intéressés par :
–Aux origines de l’Agence Magnum, article de Marianne Amar, in Vingtième siècle, revue d’histoire, année 1996, p.137-139.
-Sur Radiofrance.fr, France-Culture, en 1989, deux émissions en podcast : « Profils perdus, Robert Capa »
L’exposition est accompagnée de deux films à voir en salle de conférence :
-A propos des Photos perdues du Débarquement, film du Monde
-Un film a été préparé par l’équipe du Musée qui a retrouvé les images de Robert Capa sur les films d’archives de l’armée américaine lors de la Libération de Paris, les 25 et 26 août 1944, elles ont été associées aux prises de vue du photographe.
Vincent Bray nous parle du travail long, minutieux et méthodique réalisé au sein du musée pour nous montrer CAPA à l’ŒUVRE.


