Académie des beaux-arts

Pascale Marthine Tayou Grand Prix de l’Académie « sculpte le désordre »

Des sculpteurs de l’Académie des beaux-arts, notamment Jean Anguera, Anne Poirier, Jean-Michel Othoniel, Eva Jospin étaient sous la Coupole de l’Institut de France, le 28 janvier 2026, pour le Grand Prix de l’Académie des beaux-arts en Sculpture à Pascale Marthine Tayou.

Cérémonie du Grand Prix de l’Académie des beaux-arts en sculpture, sous la Coupole de l’Institut de France, remise du prix au lauréat.

Ce prix est le troisième de l’année 2025, après pour la photographie Sarah Moon, pour l’architecture Herzog & de Meuron. Il est le neuvième Grand Prix, le dernier du premier cycle.

Le secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard après les mots de bienvenue a parlé avec émotion des Grands Prix.

Le secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard rappelait que chaque année l’Académie décerne avec ses partenaires et donateurs une cinquantaine de prix. Sur sa proposition a été créé le Grand Prix.

Il soulignait ému : « Ce Grand prix est mon préféré… Il est géré sur nos fonds propres. » 

Depuis 2023, neuf Grands Prix correspondant chacun à une des 9 sections de l’Académie et au choix de chacune de ces sections. Ils sont remis à raison de 3 par an, à des artistes français ou étrangers dont la carrière est particulièrement remarquable.

Le lauréat dispose de 30 000 euros à répartir entre trois artistes ou personnalités de son Choix. « Alors, » ajoute Laurent Petitgirard,  « regarder le lauréat ravi de mettre en avant d’autres artistes qu’il a choisi, leur passer le flambeau… est un moment de pur plaisir.»

Eva Jospin remettant la Minerve au lauréat

Eva Jospin, élue au fauteuil n°1 de la section sculpture le 18 décembre 2024, a remis son diplôme et la statuette de bronze, la Minerve de Jean Anguera, symbole de l’Institut de France et de ses Académies, à l’artiste choisi à l’unanimité de sa section.

Celle qui cartonne actuellement avec son exposition Grottesco au Grand Palais a souligné que ce prix salue l’œuvre globale d’un faiseur. Ce choix était une évidence même si le mot sculpteur est maladroit. L’artiste conduit un diagnostic de l’environnement, recycle, récupère, transforme. C’est un sauveur d’objets poétiques. Ces expositions sont des espaces de discussion. Il sculpte le désordre. Il a, entre autres, créé une fantasia urbaine avec fanfare…

Pascale Marthine Tayou a remercié les Académiciens et ceux qui étaient présents.  « Pour cette offrande » déclarant « Mes étudiants je suis votre étudiant… Je suis un faiseur nourri par la forêt africaine, j’avance, je respire… »

Rejoignant sa place pour son interview, le sculpteur a remercié l’auteur de la Minerve Jean Anguera.

En réponses aux questions de Françoise Docquiert, correspondante de la section sculpture, voici quelques extraits d’une philosophie de l’Humain, la sienne, qui a séduit ses étudiants :

De l’humour, du charme, une sculpteur philosophe Pascale Marthine Tayou…

« Je ne suis jamais parti, ma tête est dans la poussière du Cameroun… L’idée de l’être que je veux être un jour, c’est être généreuxAvec le prix de sculpture à quelqu’un qui ne fait pas de la sculpture, vous m’avez sculptéCe qui m’anime c’est trouver mon âmeCerner le discernementOn m’a demandé, j’avais 22 ans, d’enseigner aux Beaux-Arts quelque chose que je ne connais pas, d’aller à la quête du savoirLes expositions offrent une forme d’insouciance. Je participe à ce qu’on pense de moi… On a besoin de quelqu’un qui comprenneJ’explore mon histoiresimplifie la complexité… On vit dans un monde trop sérieux. Il faut vivrevoir les moyens de vos rêves dans votre apprentissage. »

Pascale Marthine Tayou, sa Minerve et les trois artistes qu’il a choisies et qu’il soutient.

Il a enseigné durant dix ans à l’école des Beaux-Arts. Il a choisi trois de ses étudiantes qui ont déjà un beau parcours :

Sarah Laaroussi s’est installée à Thiers.

Sarah Laaroussi diplômée en 2021. Elle a passé cinq ans avec Pascale Marthine Tayou à la recherche de techniques sur l’histoire de l’Humanité.

Sarah a rencontré Matteo Magnant, aux Beaux-Arts. Ils ont créé, à Thiers (Auvergne) la cité de la coutellerie, l’Atelier Bicéphale. Il faut se souvenir qu’en 1985, Thiers accueillait le premier symposium monumental international de sculpture métallique.

Leur projet local les conduit à la rencontre des personnes de leur territoire dans une volonté participative afin de dresser une sorte d’inventaire.« Ce duo cherche à révéler des écologies invisibles, à célébrer la résilience des interdépendances et à repenser notre relation au vivant. »

Naomi Lulendo diplômée des Beaux-Arts de Paris et du post-diplôme art de l’ENSBA Lyon

Naomie Lulendo diplômée en 2018.  
« Lors de mon entretien aux Beaux-Arts, je ne faisais pas de sculpture je m’intéressais à l’architecture Vaudou. » Elle a une activité pluridisciplinaire. Elle tisse des relations culturelles et géographiques qui lui permettent d’étudier différentes perception des corps, des vêtements, des objets, de l’architecture, dans des installations, des sculptures, comme, des puzzles auxquels il manque une pièce…

Margo Poisson a obtenu le Diplôme national supérieur d’arts plastiques (DNSAP) en 2023 et reçu les félicitations du jury.

Margot Poisson, fille de sculpteur et d’architecte, diplômée en 2023. Elle est entrée aux Beaux-Arts en 2017. Dans l’atelier de Pascale Marthine Tayou, elle a développé sa pratique du volume, de la matière, de la récupération, de la recomposition…. Elle articule les matières : cire, métal, béton, pierre pour en faire des volumes qu’elle suspend comme pour l’exposition Glané.e.s (2024). Elle a installé son atelier dans l’Aisne.

La Cérémonie s’est achevée sous les applaudissements, avant les photos souvenirs de cette soirée exceptionnelle.

Le Maître et ses étudiants, souvenir du Grand Prix, un grand moment de partage

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