Les dernières volontés de Napoléon 1er inscrites quelques jours avant sa mort, le 5 mai 1821, sont passées à la postérité. Un document de 58 pages, le Testament de Napoléon Ier est présenté aux Archives nationales, Hôtel de Soubise (Paris 3e), du 4 mars au 29 juin 2026, dans le cadre du cycle d’expositions Les Remarquables*.

Alors que les travaux de la commission chargée de l’exécution testamentaire touchent à leur fin, Napoléon III décrète la création d’une médaille commémorative, à l’intention des anciens combattants des guerres de la Révolution et de l’Empire. À l’application de ce décret, comme en témoigne les diplômes d’attribution décernés aux bénéficiaires, cette médaille est alors désignée sous le titre de « Médaille de Sainte-Hélène ». On estime qu’environ 350 000 soldats ont été décorés. (Copyright: Archives nationales)
L’ultime codicille : « Je désire que mes cendres reposent sur le bord de la Seine au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé » ; sa dernière volonté est inscrite en lettres d’or derrière l’autel de l’église du Dôme des Invalides, au-dessus de l’entrée de la crypte, où se trouve son tombeau de quartzite rouge, construit par Louis Visconti membre de l’Académie des beaux-arts (achevé en 1861).
Le retour des Cendres, à Paris, a été suivi d’une cérémonie d’inhumation, organisée par Thiers et le roi Louis-Philippe.
Le 15 décembre 1840, le corps a été déposé aux Invalides.
Sous le règne de son neveu l’empereur Napoléon III, le corps sera placé dans son tombeau enfin achevé, le 2 avril 1861.
Son testament, document marquant de l’histoire de France est, exceptionnellement, sorti de l’Armoire de fer des Archives Nationales où il était conservé depuis 1860.
La présentation a été préparée en partenariat avec la Fondation Napoléon.
Les différentes phases de sa mise en œuvre, témoignent des quatre régimes politiques qui se sont succédé et des relations complexes avec l’Angleterre.
Après l’île d’Elbe, l’île de Sainte-Hélène sera sa dernière résidence
L’empereur avait régné 10 mois, sur la principauté de l’île d’Elbe, de mai 1814 à mars 1815.
Au matin du 1er mars 1815, son bateau en provenance de l’Île d’Elbe entrait dans la baie de Golfe Juan. Puis, il gagnait Grenoble par la route qui deviendra 117 ans plus tard la route Napoléon. Enfin direction Paris qu’il atteignait, le 20 mars au soir.
Mais l’épopée se termine avec la défaite de Waterloo, les Cent-Jours. Désenchanté, il regagne le palais de l’Elysée, y signe sa lettre d’abdication qu’il adresse aux Français.
Il passe une dernière fois à la Malmaison qui conserve le souvenir de Joséphine, décédée en mars 1814, il y retrouve sa belle-fille Hortense. Puis direction Rochefort où il arrive le 3 juillet 1915.

Le 15 juillet ayant choisi de demander asile au peuple anglais, il monte à bord du Bellerophon qui gagne la côte anglaise.
Il attendra à Plymouth la décision des Anglais concernant son lieu d’exil.
7 août 1915, départ pour l’île de Sainte-Hélène, à bord du Northumberland


Durant ses premières années à Longwood, il garde son esprit combatif en politique, il écrit, se prépare.
Mais en 1818, le Congrès d’Aix-la-Chapelle confirme son exil.
Août 1819, il est malade et sait qu’il va mourir en captivité.
II prend ses premières dispositions testamentaires, les adresse au général Bertrand. Il les lui réclamera un an plus tard.
Très affaibli, du 15 au 27 avril 1821, « il rédige un nouveau testament olographe, recopié après l’avoir préalablement dicté à Montholon, son chambellan. »


15 avril 1821 (Copyright : Archives nationales)
*À propos des Remarquables présentés par les Archives nationales, Hôtel de Soubise
À l’automne 2023, le public a voté pour les documents qu’il souhaite voir exposer dans le cadre du cycle Les Remarquables, des documents exceptionnels ont déjà été présentés :
« Le procès des Templiers- 1307, le rouleau d’interrogatoire » ;
« 1429- Jeanne d’Arc, le premier portrait » ;
« 1887-La Tour Eiffel, la convention de construction » ;
« 1974-La loi sur l’IVG, le discours de Simone Veil »
« Victor Hugo-Le testament ».
Commissariat scientifique : Benoit Morant – Commissariat technique : Christophe Barret et Régis Lapasin.
Archives nationales, Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e, entrée libre du lundi au vendredi de 10h à 17h30 et samedi et dimanche de 14h à 17h30 (à partir du 1er avril : 14h-19h). Fermé le mardi et le 1er mai.


