Dessin contemporain

La Drawing Factory, avenue Mac Mahon, une fabrique, à dessein, pour le dessin

A découvrir. A deux pas de l’Etoile, au 11 avenue Mac Mahon, l’ancien hôtel qui se trouvait là vient d’être transformé, avant travaux, en une résidence d’artistes, du 22 mars au 19 septembre  2021. Ainsi s’est ouvert, la Drawing Factory qui accueille en résidence de jeunes artistes qui aiment, pratiquent et explorent toutes les techniques et possibilités offertes par le dessin.

La Drawing Factory est ouverte, 11 avenue Mac Mahon, Paris 17e

Christine Phal, fondatrice du Drawing  Lab Paris (17 rue du Louvre), Carine Tissot, directrice du Drawing Now Art Fair  (créé en 2007), du Drawing Hotel (rue du Louvre), Steven Vandeporta responsable du Drawing Lab, avec le Centre national des arts plastiques ( Cnap)* et en partenariat avec le promoteur immobilier Soferim ont donc ouvert la Drawing Factory.

Quatre étages de chambres ont été transformés en ateliers. Les 33 artistes sélectionnés ont chacun la clé d’une chambre devenue leur espace de création. Ils peuvent tout investir, du sol au plafond,  porte, couloirs ainsi que les espaces communs, le hall. La phase d’installation semble tranquille, presque feutrée. Les résidents s’observent, sympathisent.

Pour cette première visite, nous avons rencontré quelques artistes en résidence.

Les oiseaux de Raphaëlle Peria des espèces à protéger

atelier 40, Raphaëlle Peria. L’artiste a personnalisé sa porte. Des outils de graveur : échoppes, onglettes, griffes, burins, pointes sont posés sur sa table. Ils lui permettre d’obtenir un relief réel, palpable sur les tirages papier des photos qu’elle a prises, lors de ses voyages. Elle offre ainsi aux oiseaux un plumage tout en détails. Elle fait ressortir du papier de la matière, une à une chaque plume retrouve sa place. Effet bluffant garanti ! Elle va unir des oiseaux en danger d’extinction et la production de cire de palme qui participe de la destruction de la forêt tropicale. Elle explique son projet d’installation dans la vidéo en fin d’article.

atelier 41, Benjamin L. Aman,  la musique électronique, acoustique devient source de dessin ou à l’inverse le dessin qui utilise la lumière du papier est source de création sonore. Pour lui, éditions et performances sonores sont dissociées. En cours, il expérimente une quadrichromie qui devient pastels.

atelier 42, Araks Sahakyan. Avec elle le dessin se morcelle. Les cartons se rangent dans une boîte, puis ils s’assemblent afin de créer le carton à partir duquel naîtra un tapis. Un tapis épais aux teintes naturelles qu’elle fait tisser en Arménie, son pays de naissance. On devrait la retrouver au 65e salon de Montrouge qui a été reporté. Il se déroulera à l’automne, du 22 au 31 octobre 2021.

atelier 38, François Réau. L’artiste peintre, plasticien, sera l’invité du Drawing Lab, en juin 2022, sur le thème Circinus. Son dessin nous plongera dans de nouvelles constellations unissant traits au graphite et raies de lumière au néon. L’artiste a plusieurs expositions en cours. Il prépare, entre autres, pour l’Abbaye de Fontevraud un décor pour la seconde cloche qui sera présentée, du 18 juin au 19 septembre 2021. Il participera conjointement à l’exposition « A toute volée : 6 nouvelles cloches pour Fontevraud ». D’une résidence à l’autre, de mars à mai 2022, il sera au domaine Kerghennec (56-Bignan).

Le directeur de la revue Les Arts dessinés, Frédéric Bosser visitait l’atelier 31 de Marie Havel

atelier 31, Marie Havel. Elle vit à Montpellier. Née en Picardie, elle a joué enfant sur la côte d’opale, dans les ruines militaires du mur de l’Atlantique, des trous d’obus, un blockhaus que la dune de sable dissimule. Elle l’a fait disparaître et réapparaître au grès du vent. L’œil de l’enfant a conservé ses images qu’elle retranscrit. Jeux d’enfants qui ne sont que construction-déconstruction-reconstruction, parcours dessiné sur un tapis-jeu. Elle illustre un monde d’adultes qui  s’emprisonne dans les jeux des enfants. La feuille d’origami sous ses doigts agiles devient une feuille de plomb et ses bateaux qui ne pourront voguer sombreront, lui offrant une nouvelle voie d’exploration de ruines sous-marines.

atelier 21, Boris Kurdi. Pour l’instant ses murs demeurent nus. Il est en phase de réflexion, de préparation. Il aime les codes, les symboles, les caractères, les lettre, après le B, le A, les chiffres. Le zéro l’a mené au 1, chiffre référent. Ses crayons de couleurs, du Tipex et des papiers de couleurs, des papiers de toutes sortes,  papier de brouillon pour les examens, papier à lettres attendent son signal… Il est sélectionné pour le prix de la Fondation Pernod Ricard 2020-2021.

Maxime Verdier quand les cauchemars deviennent des dessins.

Son voisin immédiat, atelier 22, Maxime Verdier est ici avec une envie de grands formats. Il explore l’irrationnel, les peurs; la forêt la nuit qui génère des monstres engendrés par des cauchemars.  Il semble avoir trouvé la manière de les exorciser de les sortir de sa mémoire qui les stocke, les génère et les régénère. Il pratique aussi la sculpture pour laquelle il utilise le métal, la résine ainsi que la pâte à modeler.

atelier 18, Clovis Rétif  vit et travaille entre Bruxelles et Paris. La Drawing Factory lui permet de rencontrer d’autres artistes, d’échanger sur la technique, confronter des points de vues, bénéficier d’une vraie synergie créative. Après trois ans de design et d’architecture qui l’ont mis en contact avec le bois, la poterie, la céramique et depuis son séjour à Montréal, il se consacre au monde du dessin. Il l’explore désormais de manière très personnelle. Il a mis en évidence son rapport avec des objets liés à sa propre vie. Son trait hyperréaliste évolue vers une forme d’abstraction, inspirée du surréalisme. Il saisit, dessine des parcours de vie.

Quentin Spohn, quand la foule devient dense, il ne reste que des visages.

atelier 16, Quentin Spohn a fait ses études à la villa Arson, à Nice. A la Factory, il travaille sur une immense toile posée sur le sol qui réunit les visages d’une foule qui devrait servir de décor pour accompagner une foule de personnages sculptées. L’entrée du Christ à Bruxelles de James Ensor l’inspire pour une future installation.

*Le CNAP, le Centre national des arts plastiques, établissement public du ministère de la Culture, soutient et assure la promotion de la création contemporaine dans tous les domaines des arts visuels.

à suivre une vidéo sur la Drawing Factory

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