Académie des beaux-arts

Guillaume Herbaut témoigne sans relâche sur « Le mal qui reste » en Ukraine

Le travail du photojournaliste Guillaume Herbaut, lauréat du prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière- Académie des beaux-arts 2024, est présenté au Pavillon Comtesse de Caen du 8 octobre au 29 novembre 2026.

Hermine Videau, directrice de la communication et des prix, présentait le lauréat du concours biennal 2024. Elle a rappelé que le prix de Photographie a été créé à l’initiative de Marc Ladreit de Lacharrière (élu en 2005) avec l’Académie des beaux-arts, en 2007, pour accompagner la création, en 2006, de la section de photographie.

Depuis 2001, chaque année et plusieurs fois par an, Guillauma Herbaut documente la vie en Ukraine, après Tchernobyl. Il suit les populations au cœur de cette guerre qui n’en finit pas de se réinventer. Il travaille en couleur. Après le format 24×36 de ses débuts de reporter, il est passé au grand format 4X5 à Tchernobyl.

La commissaire Sylvie Hugues, correspondante de l’Académie des beaux-arts, a préparé avec Guillaume Herbaut « une exposition qui ne montre pas la violence, mais cherche les blessures invisibles.« 
Premières salles de l’exposition 2026 (prix 2024). Sur la droite les projets 2026 parmi lesquels celui de la lauréate, Sophie Zénon « Odyssée végétale«  que nous découvrirons en 2028.

Quelques photos de l’exposition

Né en 1970, Guillaume Herbaut conduit un travail documentaire dans les lieux chargés d’histoire pour en garder les traces. « Enfant de la guerre froide, la peur de la bombe atomique » l’a conduit à Tchernobyl, en Ukraine dès 2001.

Il y a suivi l’arrivée de la guerre, 2004-2014, le projet de démocratie, l’annexion de la Crimée, l’accélération du conflit depuis 2022. Quelques photos de 2022, figurent dans l’exposition.

En 2023,  le premier Drone était là. Depuis ces engins pilotés à distance évoluent sans cesse. Ils photographient, repèrent et sèment la mort sur la ligne de front et bien au-delà, dans un rayon d’action de plus en plus élargi.

Avril 2025 à Kryvyl Rih, des peluches sur l’aire de jeux où neuf enfants ont été tués par un missile balistique Iskander russe le 4 avril. Le bombardement a fait 19 morts et plus de 68 blessés, dont 12 enfants.
Région des Carpates, juin 2025. La colonie Gen camp organise des vacances thérapeutiques pour les enfants ukrainiens traumatisés par la guerre.

Alors il s’interroge : « Comment raconter ? » la guerre qui fait des morts chaque jour et des événements qui se répètent sans cesse, comme descendre dans les abris, le métro (photo de l’affiche). Il a choisi d’être au plus près des témoins et de « savoir garder la bonne distance ». Les portraits présentés ici en témoignent.

Lviv, novembre 2025. Vitaly Koladenko, 25 ans, soldat ukrainien, a passé trois ans dans des prisons russes, après son arrestation, en 2022, sur le front de Marioupole. Torturé, il vit aujourd’hui avec des séquelles physiques et un syndrome post-traumatique. Une vidéo, faite chaque jour avec son portable, réunit ses propres portraits, son visage change. Son dernier message, il a du envoyer à sa famille, à sa mère.

Grâce aux portables, les habitants se filment et des vidéos viennent compléter les témoignages photographiques de l’auteur. Vous pourrez donc voir quelques-unes de ces vidéos.

La commissaire de l’exposition, Sylvie Hugues, correspondante de l’Académie a souligné : « la sobriété, le silence dans la retenue » des images choisies et présentées ici.

Le photographe se déplace au plus près des Ukrainiens dont il suit le quotidien. Ses portraits captent ainsi « le mal qui reste ».

Kryvyl RIh, avril 2025. Marina Govriluk a été blessée lors d’une attaque de drone russe contre le bus qui la transportait vers son lieu de travail, à Marhanets. Neuf autres passagers, dont sept femmes, ont été tués.
Elle a survécu et accepté d’être photographiée.
Kyiv, juillet 2023. Sergyi, soldat ukrainien blessé pendant l’invasion russe, avec sa femme Valeria. Il s’apprête à subir sa 21e opération. Un moment de tendresse.
Les tombes des jeunes soldats ukrainiens témoignent de leurs actions. Des QR codes peuvent également être mis sur les croix.

L’influence du Cri du peintre Norvégien Munch (1893) ainsi qu’il le souligne, fait de ses images le témoignage d’une sorte de Cri silencieux, de la douleur avec ses blessures invisibles, l’imprégnation dans une guerre devenue un laboratoire expérimental.

Guillaume Herbaut a réuni lors de la fête des morts en novembre ces photos. Cet hommage clôture l’exposition.

Vous pourrez également découvrir dans l’exposition des cartes interactives qui permettent de suivre en temps réel frappes et mouvements du front.

PRECISIONS

L’exposition a reçu le label Bicentenaire de la Photographie, à voir du 8 octobre au 29 novembre 2026.
Elle est à découvrir du mardi au dimanche de 11h à 18h. Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts, Palais de l’Institut de France, 27 quai de Conti, Paris VIe. Entrée libre et gratuite. Des visites guidées se préparent pour le samedi et le dimanche après-midi.

Un hors-série de la Revue des Deux Mondes est publié à cette occasion (prix 9 euros)

En novembre, L’exposition s’inscrit du 5 au 28 novembre dans la 15e édition du festival PhotoSaintGermain et elle est au programme hors les murs de la 29e édition de Paris Photo, du 12 au 15 novembre au Grand Palais.

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