Beaux-Arts

Le « photograffeur » JR fait surgir d’un environnement calcaire nos grands monuments

Jean René dit JR (43 ans) vient de mettre en place La Caverne du Pont Neuf que l’on aurait dû découvrir et visiter, du 6 au 28 juin 2026.

La visite est retardée à cause des dégâts occasionnés par de fortes rafales de vent le 2 juin.

Du côté de la Samaritaine.

La météo en a décidé autrement déchirant l’installation. Il faut lui redonner son aspect initial. Les équipes s’activent, informent.

De grandes morceaux de toiles doivent être refaites en urgence.
Un habillage qui attire les regards. Effets de cimes enneigées ?

Au programme sont prévues, lorsqu’on pénètrera dans la Caverne, des expériences interactives sur une ambiance musicale confiée à Thomas Banglater, ex-membre de Daft Punk. La caverne est installée sur le Pont Neuf, de la place du Pont Neuf au quai devant la Samaritaine.

Henri IV veille sur cette nouvelle création

JR a voulu rendre hommage à Christo et Jeanne-Claude qui avaient emballé le pont, en 1985.

Le Pont Neuf septembre 1985 (photo : Michel Baudais)
un hommage à Christo et Claude, en mai 2009 à New York, NY - 68th Annual George Foster Peabody Awards at the Waldorf Astoria
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-PHOTO by: Alex Oliveira/startraksphoto.com
un hommage à Christo & Jeanne Claude. Photo de mai 2009 à New York, NY – 68th Annual George Foster Peabody Awards at the Waldorf Astoria Photo de : Alex Oliveira/startraksphoto.com

Carte postale

Le projet de JR commencé en mai, s’est inspiré des carrières de l’Oise dont proviennent les pierres du Pont Neuf. Il met en scène un affleurement rocheux calcaire ; 80 toiles composent cette structure gonflable qui occupe chacune des arches sur 120 mètres de long 20 mètres de large sur une hauteur, variant entre 12 et 18 mètres.

La Caverne de JR devrait bientôt nous accueillir?
Christo avait emballé tout le Pont-Neuf y compris les éclairages. (Carte postale)
La Samaritaine une fois encore participe avec un rayon dédié à l’événement.
La protection est l’objet d’une vigilance accrue.
La boutique souvenirs fait patienter futurs visiteurs et curieux avec des photos et des cartes postales.

S’agit-il d’une Caverne préhistorique ou de la célèbre Caverne de Platon.

Nous y serons attendus pour découvrir sa vision du monde, des animations, une nouvelle philosophie ?

Le suspens grandit.

Espérons que le ciel demeure clément.

Ce qui est certain c’est que son concepteur a l’âme d’un archéologue. Il fait jaillir les monuments des sous-sols parisiens.

Au loin la Tour Eiffel se souvient sans doute de l’expérience qu’elle a vécue en 2021.

Certains ont sans doute découvert au Trocadéro, en 2021, un immense gouffre qui semblait vouloir engloutir la Tour Eiffel ou, en 2019, la Pyramide du Louvre qui sortait de terre.
Anamorphoses, trompe-l’œil, Paris le séduit, l’inspire, mais l’univers de l’artiste demeure le Monde, certains préfèrent dire l’Humanité.

La moitié du Pont-Neuf a ainsi été transformée côté aval de la Seine.

Il y a eu aussi le Panthéon en 2014, mais là c’était la photo, son autre pôle d’attraction, les visages des anonymes, sur le parvis, sous la coupole, sur le sol, poursuivant le projet : « Inside out ».

Un photographe, un artiste de la rue : « un photograffeur »

Remontons le temps, pour ses débuts à Paris, son histoire personnelle veut que grâce à un appareil photo trouvé un beau jour… Il ait choisi comme toile de fond de son art naissant, les murs de la ville pour y installer ses premières photos encadrées à la bombe.

Formé à Paris, il a parcouru le monde unissant son art de graffeur et de photographe. Il offre à ceux qu’il rencontre la possibilité de se photographier eux-mêmes et de coller leur portrait d’un mur à l’autre, d’une ville à l’autre, parfois même, en signe de provocation de l’accompagner d’un commentaire.

2016, Les Bosquets, JR et Ladj Ly

Les lieux et leurs habitants le passionnent. Il est né à Montfermeil (93). Il y a organisé sa première exposition photo sur les murs de la Cité mettant en scène les jeunes des Bosquets (avant les émeutes des banlieues en 2005).

Revenu à son point d’attache, en 2016, il a fait le Portrait d’une génération, une vidéo et un ballet avec le New York City Ballet.

On peut évoquer

 En 2008 au Brésil, son hommage aux femmes victimes de violences, installé sur les murs de la Favela Morro Da Providencia : 28 Millimètres, Women Are Heroes, à retrouver sur son site. Un thème repris depuis avec un film et développé de manière plus large, s’adressant à toutes les femmes qui sont le pivot de toute société quelle qu’elle soit où qu’elle soit dans des conditions parfois extrêmes, difficiles, dangereuses, d’un continent à l’autre.

Le film Visages Villages, réalisé par JR avec Agnès Varda a remporté l’Oeil d’Or du premier documentaire au Festival de Cannes en 2017 (photo Dominique Germond)

Tous ceux qui n’occupent pas le devant de la scène l’intéressent et il veut les rendre visibles grâce à la photo.

 Il affectionne le noir et blanc, réalise des portraits qu’il a collés en Palestine, en Israël de part et d’autre de la barrière de sécurité, un face à face comme pour le picnic aux États-Unis à la frontière mexicaine.

Il installe des cabines photographiques mais se déplace aussi avec un camion photographique, il offre aux gens la possibilité de faire et mettre leurs portraits sur les murs, de leur pays de Paris à Londres, d’Abu Dhabi jusqu’en Californie, en Asie, en Afrique, en Russie…

En 2016, Avec son camion Photographique JR était aux côtés d’Agnès Varda pour la réalisation du film : Visages Villages.

A suivre, la vidéo de Dominique Germond, en bateau-mouche sur la Seine, pour voir au plus près Le Pont Neuf de JR.

Balade à bord d’un bateau-mouche amont-aval, l’occasion de mieux voir les deux côtés de cette création.

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