Exposition

Entre histoire de France et Indépendance américaine, Lafayette se découvre aux Archives nationales

Entre la France et l’Amérique, Lafayette est étroitement lié aux 250 ans de la déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique et au 200e anniversaire du Lafayette College (Easton, Pennsylvanie) Université d’arts libéraux mixte privée qui porte son nom.

De gauche à droite, Olga Duhl, professeur de français, titulaire de la chaire d’excellence Olivier Edwin Williams au Lafayette College ; Marie-Françoise Limon-Bonnet directrice des Archives nationales ; Valérie Abrial, directrice de la communication et du mécénat ; Alexis Douchin, conservateur aux Archives nationales ; Thierry Sarmant, conservateur général aux Archives nationales

Les Archives nationales associées au Lafayette College pour lequel Olga Duhl a initié le projet d’exposition nous présentent, du 1er avril au 14 juillet 2026, l’exposition : « Entre France et Amérique, Lafayette sous l’œil de ses contemporains. »

L’exposition se tient au premier étage où une chronologie fixe, en introduction, les grandes dates de la légende.

Les Américains qui admirait le Marquis de La Fayette l’ont surnommé le « héros des deux mondes » et il sera le sujet de goodies (objets publicitaires), une réelle Lafayette-mania, les gagnera. Il abandonnera, en France, son titre à la Révolution. Mais il restera le Marquis pour les Américains.

Lafayette avait dans sa troupe des esclaves qui se battaient pour leur liberté. Ici, ce serait James, son protégé. Portrait de Jean-Baptiste Le Paon : « Lafayette à Yorktown » 1782 (Huile sur toile, Easton, Pa, Lafayette College Art Collection)

Cette gloire construite en Amérique fera sa fierté pour lui qui est sensible à sa renommée.

Mais il y a aussi des pamphlets : « Confession générale de Paul-Eugène Mottier dit Lafayette à M. l’abbé de Saint-Martin » qui fait dire à Lafayette qu’il « a trahi, trahit et trahira les Français » et il y confesse tous ses crimes (1790). (doc. Archives nationales)

Son image en France connaîtra des hauts, il sera le sujet d’œuvres d’art, dessinées, peintes, sculptées. Mais il fera aussi face à des bas. Un discrédit cruel, des malveillances, des calomnies qui passent par des caricatures, des pamphlets, des chansons… Voici présentées en cinq étapes, en cinq périodes le portrait de celui qui demeure le symbole de l’amitié franco-américaine. Il est devenu citoyen honoraire des États-Unis en 2002. Des villes et villages portent son nom.

Dès la première salle nous voici au début de son parcours en Amérique
Alexis Douchin nous présente, en Introduction, la complexité du personnage

Gilbert du Motier de La Fayette est né en 1757. Il s’embarque, sans l’autorisation du roi pour l’Amérique.

Il n’a alors que 19 ans.

Sensible à la guerre civile qui s’y installe, défenseur de la liberté et de l’égalité des hommes, il part avec une recommandation de Benjamin Franklin auprès du Congrès.

Il rencontrera à son arrivée Georges Washington, Franc-Maçon comme lui, qui sera son mentor et le nommera général. Il donnera le prénom de Georges Washington à son fils, né en 1779.

Il participera activement, à la guerre d’indépendance contre les Britanniques. Il y sera blessé.

Georges Washington l’enverra en France chercher de l’aide et des armes.

L’Hermione construite en 1779, emmènera Lafayette, en 1780, pour son second voyage en Amérique.

Pour son second voyage en 1780, il embarque sur l’Hermione depuis le Port-des-Barques.

Olga Dihl nous a présenté la première salle de l’exposition, la guerre d’Indépendance, commencée en 1775. Puis son ultime voyage, en 1824, une tournée triomphale des 24 états à la demande du président James Monroe, le dernier des pères fondateurs des États-Unis.

La frégate en bois de 26 canons est un navire de guerre construit en 1779, à Rochefort. Lafayette annoncera l’arrivée de la flotte avec le comte de Rochambeau et celle du corps expéditionnaire français.

Auréolé de gloire, son buste a remporté un grand succès en France.
Pommeau de son épée offerte par le Congrès américain

Revenu en France, il tentera de convertir à ses idées libérales son entourage comme membre de l’Assemblée des notables, dès 1787.

Il sera membre de la société des droits des Noirs créée en 1888.

Il rédigera une première Déclaration des droits de l’homme en juillet 1789.

Il sera nommé commandant de la Garde nationale qui vient d’être créée le 15 juillet.

Il organisera la fête de la Fédération, symbolisant la réconciliation du Roi et de la Nation.

Il organisera le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération. Huile de Louis David, 1791 : »Le serment de Lafayette à la fête de la Fédération. » (Collection Paris Musées/ Carnavalet- Histoire de Paris)

Mais les affrontements qui s’enchaînent et la fuite de la famille royale, le remettent en question.

En 1792, l’Assemblée nationale vote un décret d’accusation contre lui. Suit une période de captivité de cinq ans en Prusse puis en Autriche. Il sera libéré par le traité de Campo Formio, signé par Bonaparte qui n’éprouvera semble-t-il aucune sympathie pour lui. Le courant ne passera pas entre eux. Lafayette est opposé à l’Empire.

Après l’Indépendance de l’Amérique, la Révolution française, la Restauration, c’est l’épisode de son retour triomphal aux États-Unis en 1824, invité par le président James Monroe. Georges Washington est décédé en 1799.

Le dernier survivant des grands hommes de la Révolution française
Thierry Sarmant nous rappellera que fin 1830, il est dans l’opposition. Devenu une célébrité nationale, il va défendre les causes libérales, contre la monarchie. Il est sollicité par les Polonais, les Espagnols, les Italiens, les Grecs…

Hostile à la Restauration, lors de la Révolution de juillet 1830, il participe à la chute de Charles X.

Il est à nouveau nommé commandant de la Garde nationale.

il va contribuer à installer Louis-Philippe sur le trône.

Mais rapidement, il va passer dans les rangs de l’opposition à la Chambre des députés.

Bien que sa notoriété dérange le roi, de nombreux objets ont été créés à son effigie, il fera organiser des obsèques nationales.

Mais, il en sera absent ce qui sera souligné par les caricaturistes.

Lafayette est mort le 20 mai 1834.

Néanmoins conscient du rôle qu’il a joué, Louis-Philippe commandera à Joseph Désiré Court, en 1834, un portrait pour Versailles qui fera accroché dans la salle de 1792. Une grande huile sur toile, au format 135x100cm.

Le parcours s’achève avec le portrait réalisé en 1834 et appartenant à la collection de Louis-Philippe.

Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Entrée libre, du lundi au vendredi 10h-17h30 ; samedi et dimanche 14h-19h. Fermé le mardi et le 1er mai.

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