Académie des beaux-arts

Paul Marmottan, avec sa Bibliothèque et Villa dans le goût Empire, offre une grande leçon de styles

Le 30 septembre, les membres de l’Académie des beaux-arts ont eu rendez-vous pour leur séance hebdomadaire de travail à la Bibliothèque et Villa Marmottan qui vient d’être restaurée, place Denfert-Rochereau à Boulogne-Billancourt.

Pour leur séance de travail les Académiciens étaient installé dans l’auditorium Bruno Foucart. Le compositeur et chef d’orchestre, le secrétaire perpétuel de la compagnie Laurent Petitgirard nous a offert, la veille, un aperçu de l’acoustique, interprétant quelques notes de Brahms et de Debussy, sur le piano Steinway que retrouvera avec plaisir le compositeur et pianiste Michaël Levinas.

A l’invitation du secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard et de l’Académicien Adrien Goetz directeur du site, les Académiciens vont retrouver, après cinq ans de restauration, ce patrimoine dans l’esprit de son créateur, Paul Marmottan (1856-1932).

Extérieurs, intérieurs, le chantier a été confié à l’architecte du patrimoine Jennifer Didelon et à son agence. Ici, la sortie de la bibliothèque, on se dirige vers la villa.

Pour le public, rendez-vous dès le 6 octobre, à Boulogne-Billancourt, quartier des Princes. Des concerts à l’auditorium sont programmés dès octobre. Le prix Paul Marmottan qui récompense un ouvrage d’histoire de l’art y sera désormais remis, lors d’une rencontre-débat, suivie d’une signature.

Commençons par la Villa

Le jardin dans l’esprit d’un petit parc bibliothèque est redessiné par Louis Benech. Il sera finalisé au printemps 2027. La villa est désormais dédiée aux chercheurs et artistes comme l’ancienne remise à voitures qui a été transformée. Elles abritent des appartements aménagés pour les pensionnaires (39 depuis 2020).
Une résidente de la Villa, Camille Pozzo di Borgo (2026-2027).

Au second étage de la Villa, l’appartement-atelier a été restauré grâce au mécénat de la Fondation Marc Ladreit de Lacharrière. Il est occupé par la dessinatrice Camille Pozzo di Borgo qui travaille actuellement sur les coraux. L’Académie des beaux-arts lui avait décerné en 2021 le prix Pierre Cardin.

L’Académicien Adrien Goetz attentif à la restauration de ce patrimoine exceptionnel

Nous sommes guidés par le directeur Adrien Goetz qui a veillé sans relâche, dans les moindres détails, sur les travaux. Il a choisi de ne pas habiter la Villa de fonction destinée au conservateur de ce qui allait devenir un centre de documentation et de recherche.

Au rez-de chaussée de la Villa, la galerie des estampes réunit quelques 6000 gravures et lithographies conservées dans les tiroirs d’un grand meuble en chêne massif que le collectionneur avait commandé spécialement. Elles transmettent le succès de la légende napoléonienne et les clés de son style si spécifique en matière de décoration.
Les tiroirs renferment des gravures témoins fiables de l’art décoratif de cette période. Elles ont largement servi à la restauration. Elles ont permis de redonner à la Bibliothèque et Villa son « état Paul Marmottan« .

Après cinq ans de travaux lancés par L’Académie des beaux-arts, des recherches dans la documentation réunie par le grand collectionneur et sous l’œil vigilant du coordonnateur, le directeur Adrien Goetz (élu à ce poste en 2020), ce chef-d’œuvre menacé a été restauré dans son état originel.

La maîtrise d’œuvre a été confiée à l’agence Jennifer Didelon.

La Drac Ile-de-France au titre des Monuments historiques et la région Ile-de France au titre des Maisons des Illustres ont soutenu le projet.

Grand portrait de Constance Mayer (au centre) peint par l’artiste elle-même, en 1799. Les femmes peintres longtemps marginalisées ont enfin retrouvé leur place.

Reprenons la visite de la Bibliothèque

On entre dans la Bibliothèque et Villa Marmottan par la place Denfert-Rochereau…

Les griffons qui participent à l’unité visuel des lieux ont inspiré à Philippe Apeloig le nouveau logo.

La Bibliothèque et Villa Marmottan poursuit les acquisitions de publications récentes consacrées à L’Empire. Les grands corps de bibliothèque sont de l’ébéniste Jacob-Desmalter.

Le fonds patrimonial de la Bibliothèque constitué par ce collectionneur averti réunit 20 000 ouvrages spécialisés. Ils offrent un ensemble de référence exceptionnel sur l’époque napoléonienne et la première partie du XIXe siècle, de la chute de l’Empereur à la révolution de 1848. Un lieu idéal pour les chercheurs (consultation sur réservation et justificatif de recherches).

Adrien Goetz devant la Bibliothèque du cabinet de travail du collectionneur.
Paul Marmottan réunissait des objets et portraits dans son cabinet de travail. Portraits d’Elisa Bonaparte Bacciocchi, soeur ainée de Napoléon ; de deux de ses enfants et de son mari Félix Bacciocchi.
Notons le buste de Dominique Vivant Denon.
Premier grand directeur du Louvre. Il a géré pour Napoléon l’entrée des œuvres au fur et à mesure de ses campagnes.
Voici la table de travail d’état-major conçue par Martin Carlin. Dans la bibliothèque le papier tontisse s’oppose au cliché vert Empire.
La salle de consultation des livres en libre accès, est gratuite.

Chambre, salon, salle de réunion

Cette chambre fictive de Caroline Murat (portrait sur le médaillon du lit et la porte) est en cours de restauration d’après la gravure, visible ici. Les papiers peints proviennent de la Manufacture Zuber créée sous l’Empire.
Médaillon de Caroline Murat reine de Naples sur la porte.

Les décors anciens mettent en valeur les teintes subtiles d’origine, rien n’a été « refait à neuf ». L’Atelier de Ricou a restitué l’atmosphère d’époque des décors. Nicolas Delarce a rendu sa patine ancienne dorée aux cadres.

Un voyage au sein de l’Empire s’offre aux visiteurs. Son créateur a été inspiré par cette période pendant laquelle l’Europe a vécu au rythme donné par l’Empereur Napoléon qui s’appuyait sur ses proches, qu’il avait installés.

Le salon bleu, nous offre une leçon de décor intérieur avec cette soierie, rapportée de Naples où résidait Caroline Murat.
Détail de la soie murale, petit salon bleu, provenant des manufactures napolitaines de Caroline Murat.

En collectionneur Paul Marmottan a réuni une riche documentation rapportée de ses voyages en Egypte et à travers l’Europe, l’Allemagne, la Pologne, la Russie et l’Italie, peintures, dessins, mobilier, venus notamment de « La Toscane d’Elisa Bonaparte, l’Italie de Caroline et Joachim Murat, l’éphémère royaume de Westphalie au temps de Jérôme Bonaparte, les témoignages de quatre années de règne de Louis Bonaparte et de sa femme la Reine Hortense de Hollande ».

Cette salle de réunion et sa verrière restaurée mais occultée, pourra accueillir colloques et rencontres.

En conclusion

Le directeur a bien sûr son bureau et sa bibliothèque.

Petit détour par la bibliothèque du directeur.

Adrien Goetz en tant qu’Académicien a le projet dans les bureaux de l’administration sur laquelle veille le conservateur Louis Paris de réunir toutes les publications des Académiciens des beaux-arts, les rayons sont prêts et n’attendent plus que les ouvrages.

Des concerts sont programmés dès le mois d’octobre.

Rendez-vous pour le programme de concerts 2026-2027. L’auditorium peut accueillir 100 amateurs.


Pour les concerts réservez sur : https://www.billetweb.fr/pro/bibliothequemarmottan

Un lieu qu’il faut découvrir, sachez que chaque semaines des visites guidées sur réservation par groupe de 15 personnes maximum sont possibles. Les expositions, conférences et colloques sont en entrée libre dans la limite des places disponibles. Pour tous renseignements : contact@bibliothequemarmottan.fr

La SABVM, Société des Amis de la Bibliothèque et Villa Marmottan fondée en 1953 a permis d’étoffer la collection de peinture. Elle soutient expositions, concerts, rencontres. (contact: sabvm@sabvm.fr)

Retrouvez la bibliothèque et villa Marmottan sur le site de l’Académie des beaux-arts.

Mais n’oublions pas le Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis-Boilly, Paris 16e.

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