Manifestations culturelles actuelles à Paris

Les Gobelins au siècle des Lumières, l’apogée technique et artistique

Avril 2014. Au XVIIIe siècle, la manufacture des Gobelins va compter, jusqu’en 1734, trois ateliers de haute lisse (métier à tisser vertical), puis deux. Vers 1751, trente-deux métiers de haute lisse et vingt six de basse lisse étaient en action. En 1757, les ingénieurs Vaucanson et Soufflot conçoivent un nouveau métier de basse lisse à châssis pivotant qui permet d’inspecter la face des tapisseries, de corriger et d’obtenir des rendus parfaits; parallèlement, la chimie des couleurs fait de grands progrès. En 1782, soixante-seize ouvriers travaillent en haute lisse et trente-cinq en basse lisse. Ce siècle sera, contrairement aux idées reçues, une période faste et de grande création pour le célèbre établissement…

Jean Vittet, commissaire de l'exposition.

Jean Vittet, commissaire de l’exposition.

Jean Vittet, conservateur en chef du château de Fontainebleau, commissaire de l’exposition : Les Gobelins au siècle des Lumières – Un âge d’or de la manufacture royale (présentée aux Gobelins, jusqu’au 27 juillet 2014) a réuni une trentaine de tapisseries, des sièges couverts en tapisseries prêtés par le musée du Louvre (ci-dessus : sièges à fond bleu, commande du maître des requêtes Roslin d’Ivry, réalisés aux Gobelins par l’atelier Michel Audran, 1770)…

Didon et Enée, tenture de l'Iliade d'après Charles Coypel (Paris, Manufacture des Gobelins, atelier Jean-Jacques Jans, 1726-1730) 4,72 x 6,55 m.

Didon et Enée, tenture de l’Iliade d’après Charles Coypel (Paris, Manufacture des Gobelins, atelier Jean-Jacques Jans, 1726-1730, 4,72 x 6,55 m).

Les tentures ont été choisies pour leur état de fraîcheur exceptionnelle. Des séries rarement présentées, commandées notamment par le Duc d’Antin, comme : l’Iliade (1717-1730) et l’Histoire de Don Quichotte (1715-1751) d’après Charles Coypel ou encore Les Chasses de Louis XV (1735-1746) d’après Jean-Baptiste Oudry, l’Ambassade turque (1731-1734) d’après Charles Parrocel… Le commissaire nous propose  une mise en comparaison inédite avec les tissages, une quarantaine de cartons peints du mobilier national ou d’esquisses spécialement restaurés pour l’exposition grâce au mécénat de la Fondation BNP Paribas…

Bordure commandée par Mme de Pompadour pour la tenture du Lever et du Coucher du Soleil (1752-1753).

Bordure commandée par Mme de Pompadour pour la tenture du Lever et du Coucher du Soleil (1752-1753)

Le carton de la bordure ci-dessus, au centre, commandée par Mme de Pompadour à François Boucher, a été réalisé par Maurice Jacques (1757-1758). Les tapisseries du Lever et du Coucher du Soleil tissées aux Gobelins en  1752-1753 pour le château de Bellevue devaient ensuite être réinstallées, avec cette bordure, dans la résidence parisienne de la marquise, l’ancien hôtel d’Evreux. En fait , en 1760,  Madame de Pompadour remis les tapisseries à la Manufacture… qui devait par la suite les vendre… (Bordure restaurée par la fondation BNP Paribas).

Détail d'une feuille de paravent avec roses ;carton de Maurice Jacques 1764, 1,80x0,60 m commande du duc de Choiseul.

Détail d’une feuille de paravent avec roses ; carton de Maurice Jacques 1764, 1,80×0,60m commande du duc de Choiseul. Restauration de la Fondation BNP Paribas

(photos : Dominique Germond)

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