Histoire

Les Fortifications, histoire périphérique de Paris

La zone des fortifications, les Nautes de Paris l’ont connue et se souviennent. A la fin des années cinquante, à certaines portes des boulevards des maréchaux, subsistait une partie de la large bande extérieure à Paris. Ce vaste et large espace de verdure, de 250 mètres au relief creusé et vallonné avec ses talus séparait toujours Paris de la banlieue.

La porte des Poissonniers

C’est tout ce qui restait des fortifications; l’espace non constructible en cours de modification. C’était un terrain de jeux qui paraissait sans aucune limite pour les enfants que nous étions. 

Après la construction du nouveau mur d’enceinte, la zone formait une ceinture verte, idéale pour les dimanches en famille.
La chanteuse Alice de Tender dite Reschal évoque ici la vie sur les fortifications à la fin du XIXe siècle.

Les adultes nous conseillaient la prudence. Cependant le dimanche nous y allions en famille nous y promener et pique-niquer.

Cet espace abritait des cabanes de fortune, des roulottes, des constructions qui à l’origine n’étaient pas prévues pour durer. Ces habitats réunissaient des gens de tous horizons.

Il y avait eu là les guinguettes et une vie en marge de la société faite de liberté, de loisirs et de débordements. Les Apaches, les loubards, membres des bandes des banlieues pouvaient y échapper aux rafles comme les rodeuses de barrières, les pierreuses, les prostituées qui y attiraient leurs clients.

Parmi les zoniers,  les chiffonniers ont continué à alimenter les papetiers pour les qualités « chiffon ». Les ferrailleurs sont devenus des professionnels de la casse automobile avant l’arrivée de l’informatique.

Ceux de la récupération ont su transformer cette activité en une vraie industrie du recyclage, notamment, du côté de la Courneuve.

La destruction est ainsi votée par la loi du 19 avril 1919.

Revenons à l’origine de cette ceinture verte, ultime trace de ce qu’avaient été les fortifications de Thiers. A partir des années 1920, sur le tracé des fortifications ont été construits des immeubles recouverts de briques rouges, des logements sociaux, des équipements scolaires et sportifs.  L’implantation du boulevard périphérique s’est faite sur la zone à partir des années 1950. Il redessinait les contours de la capitale. Il ne sera terminé qu’en 1973.

Protéger la capitale

Voici le tracé des différentes enceintes (Plan dessiné par André Chaigneau pour le livre :Paris, d’un mur à l’autre)

Pour protéger Paris, l’enceinte de Philippe Auguste était achevée vers 1220, Charles V en érigeait une nouvelle à partir de 1360. Louis XIV en 1670 avait déclaré, « Paris, ville ouverte ». Vauban avait dès 1689 étudié la création de défense fortifiée autour de Paris. Le mur des Fermiers généraux de Claude-Nicolas Ledoux inauguré en 1784 n’était pas un mur de protection mais une ceinture administrative et fiscale très efficace. Ele avait rendu Paris murmurant et devenu révolutionnaire en 1789. Des bâtiments de ce dispositif d’octroi ont été inscrits au patrimoine, comme ceux de la place Denfert-Rochereau.

Construite de 1840 à 1845, l’enceinte d’Adolphe Thiers sera la dernière muraille de Paris à laquelle est assigné un rôle militaire avec ses 94 bastions. Percée de 65 ouvertures, 17 portes, 26 barrières, 8 poternes, 8 passages de chemin de fer, deux passages de canaux ainsi que celui de la Bièvre. Dès 1851, elle va être complétée par un chemin de fer de ceinture pour acheminer les troupes et l’approvisionnement. Il sera achevé en 1867.

Les lignes de tramways transportaient les gens des banlieues travaillant dans la capitale jusqu’aux portes.
La porte de Montmartre

L’annexion de tout ou partie des communes périphériques avait redessiné les limites de la capitale et la fera passer en 1860 de 12 à 20 arrondissements. Une nouvelle population s’était installée à la périphérie, sur les terrains qui allaient constituer la Zone. L’évolution de l’armement démontrera l’obsolescence de ce dispositif à la fin du XIXe siècle.  Une loi sera votée en 1919 afin d’en permettre la démolition et le réaménagement.  

Une partie du mur du bastion n°1 est toujours visible à Bercy. Le périphérique passe en contrebas. Subsiste également un morceau du mur du bastion 45, boulevard Berthier.

Au XXIe siècle, on parle du Grand Paris qui repousse sans cesse ses limites. Au-delà du périphérique, Paris et sa banlieue ne forment qu’un grand tout irrigué par le réseau  des transports régionaux gérés par le Stif. Les anciens chemins de fer, tramways et omnibus desservant la proche banlieue ont laissé la place au Réseau Express Régional (RER).

Documentation :

Pour tout savoir sur les fortifications et leur disparition nous vous conseillons, publié par Picard éditeur : « Des fortifs au périph ; Paris, les seuils de la ville » de Jean-Louis Cohen et André Lortie 

Pour retrouver les traces des murs successifs qui ont accompagné le développement de la capitale, nous vous proposons aux éditions Les Nautes de Paris  : « Paris, d’un mur à l’autre » de Dominique Germond 

Photos et partitions : Les Nautes de Paris

Carte des enceintes dessin d’André Chaigneau

Cartes postales : www.Delcampe.fr Simari28

à suivre un vidéo sur les Fortifications

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