Vie parisienne

Le Carreau du Temple garde la mémoire de deux siècles d’histoire de la fripe

Ci-dessus, le clin d’oeil du photographe au nouveau Carreau qui fait face aux anciennes boutiques (à droite).

Le marché construit par Jules de Mérindol est repris par la ville en 1897.

Le marché construit en 1863 est repris par la ville en 1897.

Le vieux marché en bois, construit de 1808 à 1811, pour abriter un marché aux vieux linges, hardes et chiffons est démoli en 1863. Il comprenait une rotonde et quatre pavillons : le Palais Royal pour les articles à la mode, le Pavillon de Flore pour la literie, la Forêt-Noire pour le vieux linge et le Pou-Volant pour les vieux souliers.

Vente de chaussures sur le Carreau.

La vente de chaussures sur le Carreau.

Le 14 août 1862, une concession est accordée à la Compagnie Ferrère afin qu’elle prenne en charge tous les frais : de construction (de 1863 à 1867), d’entretien et d’exploitation du nouveau marché du Temple sur les plans acceptés de l’architecte des Halles centrales de La Villette, Jules de Mérindol.

La vente sur le Carreau vers 1890.


La vente sur le Carreau vers 1890.

Sous sa charpente métallique habillée de verre, des boutiques sédentaires y sont installées. Leur prix de location varie selon la superficie – 2,57 mètres pour les petites et 12,59 mètres pour les grandes –  et selon la localisation. Elles sont équipées de portes en bois et de volets qui se rabattent pour poser les marchandises. Le marché offrait alors 2400 places.

Le marché des vieux habits, l’univers des chineurs, le carreau classique où la vente se fait à même le sol, sur le carré loué, s’y tient alors chaque jour de 9h à 12h, au premier étage. Des casiers numérotés sont loués 3 francs par mois pour entreposer leur stock.

La ville reprend la régie en 1897. Elle accueille la première Foire de Paris en 1904.

En 1905, Le Carreau du Temple, qui s’étend jusqu’à la rue du Temple, est amputé des deux tiers afin de créer de nouvelles rues et de nouveaux bâtiments. Seule reste alors la partie située entre la rue Eugène Spuller et la rue de Picardie qui sera à nouveau réduite pour ne plus offrir que 171 places.

A partir de 1920, la haute halle du Carreau accueille en dehors des heures de marché, des pratiques sportives en club et de rares événements.En 1938, le marché n’abrite plus que 77 places à la friperie et 966 places sur le carreau.

Les dernières boutiques, avec la grille d'accès à la vente sur le carreau.

Les dernières boutiques, avec une des grilles d’accès à la vente sur le carreau.

Les marchands du quartier attachés à leur concession qui la plupart du temps leur avait été accordée après la Seconde Guerre mondiale en compensation des spoliations offrent aussi du neuf, sur le Carreau. Dans les décennies 60-70, « nous, les jeunes parisiens, nous nous y rendions pour y acheter nos premiers jeans et levis en velours présentés en piles à même le sol. ».
A l’aube de l’an 2000, il ne restait plus que 18 concessionnaires utilisant 27 emplacements aux heures de déballage du marché.

Il aurait pu être démoli. Sa dernière rénovation datait de 1977. Mais, le 1er janvier 1982, le bâtiment a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Fermé voici dix ans, ce lieu  emblématique renait avec un sous-sol qui abrite de nouveaux espaces.

Le nouveau Carreau du Temple, vu du sous-sol.

Le nouveau Carreau du Temple vu depuis le sous-sol.

 

Rendez-vous pour le week-end d’ouverture (25-27 avril 2014) sur le thème  : le corps sous toutes ses coutures.  Au programme  théâtre, concerts, cirque, danse, arts martiaux, performances et rencontres.

 

avant après

(photos : Dominique Germond)

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