Association du patrimoine

L’Académie des beaux-arts expose les lauréats du grand prix artistique de peinture Cino Del Duca

Si vous aimez la peinture, il faut découvrir cette exposition présentée jusqu’au 9 août 2020, à la galerie de l’Académie des beaux-arts, quai Conti, l’entrée est libre.

Les Nautes de Paris vous en offrent quelques images.

L’annonce sur le quai Conti, vous dirige vers le lieu de l’exposition

Le Grand prix artistique de peinture de la Fondation Simone et Cino Del Duca est doté de 100 000 euros. Il est attribué sur proposition de l’Académie des beaux-arts qui abrite la Fondation selon les dispositions de Simone Del Duca, décédée en 2004. Le grand prix artistique récompense ainsi une année un compositeur, une année un sculpteur et la troisième année un peintre.

Le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts Laurent Petitgirard parlant art et pandémie avec Damien Deroubaix. Masque obligatoire.

Cette année les membres de la section peinture, jury du grand prix « peinture » ont choisi de récompenser quatre artistes qui recevront ainsi chacun 25000 euros : Guillaume Bresson, Damien Deroubaix, Pierre Monestier et le duo Ida Tursic & Wilfried Mille. Ils exposent chacun 5 oeuvres.

Philippe Garel et Marie-Christine des Nautes de Paris

L’académicien Philippe Garel membre de la section de peinture de l’Académie des beaux-arts nous en dit plus « Ce ne sont pas des choix en marche arrière, pour couronner des fins de parcours. Cette année, le jury réuni avant le confinement a choisi quatre co-lauréats, sur une trentaine de postulants et décidé de faire cette exposition puisque nous avons ce superbe lieu, le pavillon Comtesse de Caen qui vient d’être restauré. Nous nous sommes tournés vers l’avenir de la peinture et avons ciblé des artistes dans la quarantaine qui soient en mode ascendant, afin de démontrer que la famille de la peinture est vivante et enthousiaste… Notre choix est un choix de peintres. Nous portons notre art à bout de bras, alors nous nous approprions en quelque sorte leurs œuvres. Face à leur toile, nous refaisons leurs gestes, parfois même esquissons une correction. Nous sommes dans leurs mouvements. Nous ne nous contentons pas d’effets, de poudre aux yeux.  »

Damien Deroubaix
Damien Deroubaix, Great American Nude, 2019

Nous découvrons en entrant dans le pavillon Comtesse de Caen, les œuvres de Damien Deroubaix (galerie In Situ- Fabienne Leclerc), trois grands formats et deux petits autoportraits de peintre de la série  melancholia. Ses trois grandes toiles appartiennent à une série qui s’inspire des corps sculptés à la préhistoire et tels qu’ils ont été retrouvés lors de fouilles. L’image le mène vers d’autres évocations. Une de ses Vénus callipyges est devenue par sa position un Saint Sébastien, le martyr romain criblé de flèches. Sébastien n’ayant pas de féminin, un empereur romain Auguste a donné le nom d’Augustine à cette Vénus revisitée (à découvrir). Elle voisine avec Argos au corps couverts de ses yeux qu’Héra va transférer sur les plumes du paon. Le peintre l’a transformé à son tour en « La branche », tel est son nom. 

Tursic & Mille, Huile sur bois, pour le Prix Marcel Duchamp 2019
La demoiselle de Willendord avec posé ses pieds un Bichon sur bois
Antoine Ferrand de la galerie Almine Rech

Pour nous parler du travail d’Ida Tursic & Wilfried Mille qui ne pouvaient pas être présents, nous avons rencontré Antoine Ferrand de la galerie Almine Rech. Il a souligné que « ce couple d’artiste peint sur bois à quatre mains, sans qu’on sache jamais qui fait quoi. Ils ne donnent aucun détail sur leur méthode… Ils aiment démultiplier une image existante qu’ils ont capturée et recréer un univers. Ils ont ainsi une série où ils ont utilisé la montagne Sainte Victoire en toile de fond, un hommage à Cézanne. » Ici est exposée une grande œuvre bucolique qui a été présentée au centre Pompidou pour le Prix Marcel Duchamp 2019 : paysage vert et encadré. A voir également  La demoiselle de Willendorf, un hommage à la Vénus du Paléolithique avec à ses pieds une autre oeuvre un « Bichon« , et de deux petites huiles sur bois extraites d’une série de trente portraits de vedettes dont les Sex Pistols d’une part et de l’autre Kurt et Courtney.

Pierre Monestier, son trio versatile, un grand quadriptyque
L’ascension sociale, 2006, selon Pierre Monestier
Pierre Monestier

L’univers de Pierre Monestier nous plonge dans un monde onirique ou la mythologie côtoie la génèse et l’enfer, le paradis. Un univers qui aurait séduit le peintre Jérome Bosch comme le dessinateur Chaval. l’artiste est venu en train de Marseille avec sa dernière création bien roulée : « Il est plus facile de se déplacer avec ses œuvres quand on est peintre que quand on est sculpteur… ». Il présente amusé le trio versatile avec lequel il a voyagé. Il a affiné, peaufiné les couleurs de ce quadriptyque jusqu’au dernier moment. « Les autre œuvres présentées ici étaient chez des collectionneurs ». Ses histoires sans paroles nous offre une nouvelle exploration d’un monde fait de métamorphoses aux couleurs si personnelles. « Moins de la moitié de ma production est en partie conservée. Elle n’a jamais été présentée et ne le sera sans doute jamais car je détruis beaucoup. » 

Anne-Laure Buffard directrice de la galerie Nathalie Obadia Paris en compagnie de sa collaboratrice Eva Ben Dhiab, devant une toile de Guillaume Bresson, collection du Musée d’art Moderne de la Ville de Paris

Dans la salle réservée à Guillaume Bresson (né en 1982) -le plus jeune des lauréats-, Anne Laure Buffard directrice de la galerie Nathalie Obadia-Paris était venue avec Eva Ben Dhiab.  Elle a souligné le besoin de perfection de l’artiste qu’elle suit depuis 10 ans.

Guillaume Bresson, Sans titre, 2010

Il porte un soin photographique à la peinture afin de coller à la réalité sociale. « A partir d’une série de photos, il va créer un thème, l’exécuter, le compléter sans relâche. Jusqu’au moment de l’accrochage, il va apporter des retouches. La maturation de ces projets est très lente. Il travaille à l’huile. Cette lenteur à affiner les moindres détails démontre qu’il veut que son travail tende vers la perfection. »
Devant ces tableaux nous nous interrogeons : « Photo ou peinture ? » Et vous, qu’en pensez-vous ? la réponse est sur place.

Le pavillon Comtesse de Caen, 27 quai Conti Paris Vie, du 18 juin au 9 août 2020, exposition ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h ; entrée libre

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