A découvrir, du 17 décembre au 28 février 2026, L’Art vu par la BD, la seconde exposition présentée à la galerie de l’Académie des beaux-arts, galerie Vivienne, Paris IIe.

La bande dessinée au sein de la Section gravure et dessin de l’Académie des beaux-arts

Cette discipline est au carrefour de la littérature et des arts visuels et touche un public de petits comme de grands.
Celles et ceux qui la pratiquent observent, commentent, documentent, interrogent, décrivent.
Ils mettent ici en scène les différents arts de l’Académie, avec sérieux ou avec humour dans une interprétation parfois décalée.
S’agit-il donc d’une démonstration ?
Affirmer, au cas où certains en douteraient encore, que la bande dessinée est bien un art, le neuvième ?

Thierry Groensteen, correspondant de la section gravure et dessin de l’Académie des beaux-arts, élu en avril 2024, en est le commissaire. Qui mieux que le premier directeur du Musée de la bande dessinée d’Angoulême aurait su porter un œil critique sur cette proposition ?
L’arrivée du 9e art à l’Académie des beaux-arts, en 2020

La dessinatrice Catherine Meurisse a été élue à l’Académie des beaux-arts, le 15 janvier 2020. Elle a été la première femme à entrer dans la section peinture, avant de rejoindre la section gravure devenue gravure et dessin en octobre 2022.
On retrouve dans l’exposition, son album : Moderne Olympia (Futuropolis 2014). Lors de la parution de ce premier volume de la collection Futuropolis/Musée d’Orsay son éditeur indiquait : « En 2014, elle inventait la première comédie musicale en bande dessinée et faisait danser le musée d’Orsay… »
D’un musée à L’autre, vous retrouverez La traversée du Louvre de David Prudhomme (Futuropolis/Musée du Louvre, 2012)
L’ année 2026 sera celle de la Photographie, alors pour commencer :

Eadweard Muybridge nous a transmis, le premier, la décomposition du mouvement, raconté ici par Guy Delisle : Pour une fraction de seconde (Delcourt, 2024)

La Valentina de Guido Crespax dans Sindrome di Moore (dans Linus 1990) nous réserve bien des surprises, nous conduisant dans l’exposition de la section photographie à la section sculpture.

Ainsi donc l’exposition nous conduit d’une section à l’autre, photographie, danse, sculpture, musique, architecture, cinéma et audiovisuel. Côté technique, peinture, gravure et dessin sont étroitement liés.
Partons à la redécouverte, notamment, sous le crayon ou la palette graphique d’auteurs de bande dessinée, des savoir-faire d’exception qui ont inspiré les dessinateurs réunis ici.

La danse avec Isadora Duncan dans Il était une fois dans l’Est, tome 1 dessins de Clément Oubrerie, scénario de Julie Birman (Dargaud, 2015) nous emmène dans les années 1920 en Russie où elle danse devant un public populaire qui la découvre. Elle y rencontrera Sergeï Essenine.

On danse aussi avec David Prudhomme, le Rébétiko, la Mauvaise herbe (Futuropolis,2009), prêt-collection du Musée de la bande dessinée, CIBD Angoulême
En cette année 2025 de commémoration Maurice Ravel, 12 gravures : Palimpseste sur cuivre de Nicolas de Crécy (Glénat, 1982) évoquent Le concerto de la main gauche écrit par Maurice Ravel pour le pianiste Paul Wittgenstein qui avait perdu son bras droit lors de la première guerre mondiale. (voir l’interview de Thierry Groensteen)

Les dessinateurs pointent les inquiétudes des artistes sur leur travail artistique dans le récit de Frédéric Bézian : Bourdelle, le visiteur du soir (Paris Musées, 2020). Un visiteur nocturne s’introduit au musée Bourdelle et assiste à une rencontre de l’artiste avec Rodin, à propos de ses inquiétudes concernant sa grande frise en cours pour le théâtre des Champs-Elysées.

Olivier Supiot nous confronte aux doutes du cinéaste Jacques Tati dans Tati et le film sans fin scénario Arnaud le Gouëfflec qui utilise une lettre de François Truffaut (Glénat, 2023).
Blutch quant à lui nous propose sa solution : Pour en finir avec le Cinéma (Dargaud 2011).
Quelques uns des albums évoqués ici sont à retrouver sur place, à la librairie de la galerie.

La galerie de l’Académie des beaux-arts aux n°31-33 de la galerie Vivienne (4 rue des Petits -Champs, Paris IIe) a été inaugurée, le 17 octobre 2025 avec une première exposition : « Un soleil à peine voilé », présentée par les résidents de la villa Dufraine.
Entrée libre et gratuite. Du lundi au samedi 12h30-19h.
A suivre la vidéo de la rencontre avec le commissaire Thierry Groensteen


