Académie des beaux-arts

Villa Dufraine, lorsque l’esprit du Décameron gagne les résidents voici Boccaccesco à la Galerie de l’Académie des beaux-arts

Du 15 octobre au 21 novembre 2026, l’Académie des beaux-arts vous invite à découvrir à la Galerie de l’Académie des beaux-arts (Galerie Vivienne, Paris IIe), l’exposition des artistes de la quatrième résidence à la Villa Dufraine (Chars).

Sous la conduite de Valentina Ulisse, ils se sont inspirés du « Décameron » de Bocace (XIVe siècle), Leurs interprétations mises en scène sont réunies sous le titre : « Boccaccesco » .

Valentina Ulisse la commissaire a créé sa brigade pour cette approche Boccaccesco
Visite conduite par Valentina Ulisse pour le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts Laurent Petitgirard

L’exposition présentée à la Galerie de l’Académie des beaux-arts, galerie Vivienne (Paris IIe) met en scène un récit collectif, qui nous fait passer d’une pièce à l’autre de la Villa Dufraine.

Un discours enthousiaste et joyeux pour le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts
Le secrétaire perpétuel avait bien intégré l’esprit de l’exposition en passant le relais à Jean-Michel Othoniel, directeur de la Villa Dufraine, pour les remerciements.

Une dizaine de fragments d’histoires, entre réalité et fiction sont réunis. Chacun des 10 résidents, choisi par la commissaire Valentina Ulisse a travaillé dans l’esprit du Décaméron de Boccace.

Un certain esprit farceur régnait pour cette inauguration

Ces fragments associés durant huit mois de travail deviennent « le manifeste d’un monde affranchi des conventions, où l’absurde, l’ironie, le burlesque et l’inattendu trouvent place/ Boccaccesco désigne alors aussi cet ensemble inédit de contes renversés et novateurs que la brigade a imaginé en résidence. »

Reine ou roi d’un jour, ils étaient réunis pour le plaisir d’être ensemble, s’amuser, créer, réfléchir, conter, raconter, oublier le négatif, penser création,et musique même pour les exemples les plus cruels.

QUELQUES ŒUVRES

Nicolas Quiriconi a choisi d’aller vers le village de Chars où se trouve la Villa Dufraine. Pour ses habitants, il a retrouvé histoire, traditions et une chanson partageant des moments appelés à se renouveler.
Cette chanson est une pépite à écouter, ce qu’a fait avec plaisir l’Académicien et sculpteur Jean Anguera.

Nicolas Quiriconi aime travailler avec les communautés locales.

Il est allé à la rencontre des habitants de Chars (Val d’Oise) où se déroulait leur résidence de huit mois à la Villa Dufraine.

Il est parti sur les traces d’une « pierre levée » qui en fait s’est avérée être une « pierre qui tourne« .

Elle est arrivée jusqu’à l’enclos de la résidence de l’âne Ignace.

Un char fleuri l’a promenée dans les rues pour la fête du village en septembre, renouant avec l’ancienne tradition des chars fleuris.

La voici à Paris.

Liselor Perez a été inspirée par la quatrième journée du Décaméron, l’histoire de Lisabetta de Messina dont l’amant a eu la tête coupée par ses frères. Une fois récupérée elle l’a mise dans un pot de basilique. l’histoire fait écho aux vases en céramique à visages humains, célèbres « Têtes de Maures », pour les plantes aromatiques. Cette fois c’est la jeune fille qui a coupé la tête de son amant Maure qui la quittait pour rejoindre sa famille.

Liselor Perez fascinée par ces histoires de têtes devenues objets a expérimenté le silicone, réalisant notamment cette série de têtes variant selon la recette choisie, mettant parfois de vraies plantes dans le silicone.

L’exposition se visite comme on visiterait la Villa Dufraine passant d’une pièce à l’autre évoquant les récits des veillées nocturnes, des histoires intimes…

Yannis Mohand Briki a puisé dans les Archives familiales filmées pour nous conter des histoires racontées lors des veillées en Algérie.
Lina Filipovich, concernée par l’approche ambiguë de Boccace vis à vis de la religion, a réalisé un travail à l’ancienne sur les vitraux, reprenant une technique médiévale et déplaçant les concepts.
Lucie Drazek a illustré l’histoire de Nastagio degli Onesti (cinquième journée du Décaméron). La jeune femme qui ici a été poursuivie par les chiens se retrouve enlacée par un de ses poursuivants. Ses tatouages remplacent les blessures.
Lucie Drazek aime les armures des chevalières. A la Villa, elle a utilisé les techniques de la gravure, incisant le métal pour les dessins du plastron.
Sacha Collin-Rivière devant sa couveuse. Arrivera-t-il a donner vie à Cléo, le mannequin de son enfance?

Sacha Collin-Rivière a laissé des traces dans les différentes salles de l’exposition. Il a produit un travail sur la fabrication du corps de Cléo, ancien mannequin couture qui était dans sa chambre. Avec deux caissons, deux couveuses l’une transparente accueillant une énorme plaque de savon et l’autre verrouillée (ci-dessus) mais aussi des jambes, la transformation s’installe. Enfant, mis en couveuse à sa naissance, bercé par les contes, il pensait être une sirène. Vous verrez sa queue de sirène et vous trouverez une petite image, photogramme du film Pinocchio et du petit poisson Cléo surnommée par Gepetto « jolie sirène ».

Giancarlo Pirelli peintre-chercheur se nourrit des études sur l’histoire du mouvement Queer. Il a trouvé dans l’iconographie médiévale, un musicien. Cette figure sortie d’une enluminure joue de la trompette par la bouche et le postérieur. Le rose fluorescent a été source de discrimination sous les nazis. Dans les récits du Décaméron échappatoire à la peste au XIVe siècle, l’artiste a trouvé des résonances picturales avec le VIH/le Sida.
Mailys Moanda a mis en scène les contes et légendes de son enfance en Guadeloupe. Ici l’artiste enfant pousse la porte avec sa paire de ciseaux, elle va découper le Soucougnan, un humain qui a pactisé avec le diable.
Héloise Farago des cents nouvelles douces-amères et des 10 jours du Décaméron, elle nous propose l’humanisation féminine des légumes, des couples lesbiens de dames et chevaleresses.
Heloïse Farago propose une architecture féministe, notamment pour la cuisine. Elle a réalisé en céramique une Kitchen Dolls. Une cuisine miniature logée dans le corps d’une femme.
Berni*e Poikane avec ses tableaux-vidéos nous offre une vision mouvente du jardin. La réunion des protagonistes du Décaméron se faisait au jardin. Cet espace a été le sien et le leur, à la Villa ainsi que ses environs.

Informations pratiques :

Exposition Boccaccesco à la Galerie de l’Académie des beaux-arts (Galerie Vivienne, Paris IIe), du lundi au samedi de 12h30 à 19h, entrée libre et gratuite.

Les résidents ont préparé une installation avec les ouvrages du Décaméron à la Bibliothèque de l’Arsenal. Lundi 14h-18h; mardi-vendredi 10h-19h et samedi10h-18h

Coup de cœur de Marie-José et Olivier Bosc directeur de la Bibliothèque de l’Arsenal qui accueille un accrochage spécifique des œuvres des résidents, du 17 octobre au 21 novembre.

Un catalogue très complet accompagne l’événement. il présente le travail et la démarche de chacun des résidents. Il donne la liste de tous ceux qui participent et encadrent cette aventure.

L’exposition est brève. Il serait dommage de la manquer!

La vidéo réunit une présentation par le directeur Jean-Michel Othoniel et par la commissaire Valentina Ulisse :

Photo souvenir pour cette quatrième saison à la Villa Dufraine, à Chars. Présentation par Jean-Michel Othoniel qui demeure directeur de la Villa. Valentina Ulisse dresse le bilan de ces huit mois de partage avec « sa brigade ».

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