Droit et justice

Le Villain procès de l’assassin de Jaurès à l’EFB

Photo du procès de 1919, l’accusé écoutant le président.

Le 21 novembre 2018 à Issy-les- Moulineaux, à l’Ecole de Formation des Barreaux (EFB), les Nautes de Paris ont assisté à une reconstitution du procès de Raoul Villain, l’assassin de Jaurès, qui s’est tenu en 1919.

Pour cette mise en scène préparée à partir des minutes du procès, les acteurs, membres du Barreau, ont joué sous leur propre nom.

Ils ont reconstitué, en une soirée, les journées qui se sont déroulées devant la cour d’assises de la Seine, du 24 au 29 mars 1919.

Distribution des rôles

La présidence du tribunal des assises 

Le procès reconstitué s’est déroulé sous la présidence de Maître Etienne Madranges, avocat, magistrat honoraire, historien du Palais, présentant ici l’arme de Raoul Villain. Ses assesseurs étaient Maître Aliénor Kamara-Cavarroc, avocate, responsable de la pédagogie à l’EFB et Camilla Quendolo, élève-avocate.

Dans le rôle du greffier-huissier-audiencier, Hugues Adida-Canac, premier vice-président adjoint au tribunal de grande instance de Paris, juge de l’exécution, a lu l’acte d’accusation.

 

 

Des membres du Barreau de Paris et des magistrats se sont glissés dans des fonctions judiciaires qui ne sont pas les leurs, tenant ici des rôles à contre-emploi.

Dans le rôle de l’Avocat général Maître Basile Ader, avocat, vice-bâtonnier de Paris

Du côté du box de l’accusé

L’avocat de Raoul Villain était  Ghislain de Monteynard, avocat général à la deuxième chambre de la cour de cassation.

 

 

Maître Serge Perez, avocat, s’est glissé dans le rôle de Raoul Villain avec maestria. Il nous a fait toucher du doigt les raisons de son acquittement en mars 1919, la délicate réintégration de l’Alsace Lorraine après l’armistice.

Pour la partie civile, la défense de Mme Jaurès et sa fille

Françoise Kamara, doyen à la première chambre de la cour de cassation, a revêtu la robe de l’avocat de la veuve Jaurès.

Le jury populaire

Les jurés de l’EFB, six élèves avocats

Les Jurés de 2018 étaient 6 élèves avocats qui ont déclaré Raoul Villain « coupable » et « ayant agi avec préméditation ».

Serge Perez, un acteur de talent dans le box des accusés

Cette version sensible, pleine d’humour et au plus près du procès, a tenu une conclusion différente de celle de l’époque qui avait déclaré Raoul Villain non coupable.

Le procès de mars 1919

Raoul Villain, 34 ans au moment du procès

Raoul Villain était membre de la ligue des jeunes amis de la ligue de l’Alsace–Lorraine. Le 31 Juillet 1914, à 21h40, au café du Croissant, à l’angle de la rue du Croissant et de la rue Montmartre, il a assassiné Jean Jaurès, le député socialiste pacifiste, fondateur du journal L’Humanité (créé en 1904).

Trois jours plus tard la guerre était déclarée. L’assassin était un nationaliste français qui reconnaîtra son acte. Fin août 1914, il sera incarcéré à la Santé durant cinquante-six mois. Son procès s’ouvrira devant la cour d’assise de la Seine, en mars 1919, après l’armistice qui mettait fin à la guerre de 1914-1918.

Il sera défendu par Maître Henri Giraud et Maître Alexandre Bourson dit maître Zevaes qui demandera son acquittement et l’obtiendra après avoir fait un portrait politique du grand tribun pacifiste dans le contexte nationaliste fort de l’après-guerre.

Jean Jaurès, le tribun socialiste assassiné

Le Jury populaire, comme ici les acteurs élèves avocats en 2018, ont répondu à deux questions :

Villain est-il coupable d’homicide volontaire sur Jaurès ?

Cet homicide a-t-il été commis avec préméditation ?

Le 29 mars 1919, l’acquittement de Raoul Villain est prononcé. Il déclarera : «  Je l’ai puni, c’était le symbole de l’ère nouvelle, et pour les Français et pour l’Étranger ». 

Madame Jaurès recevra 1 franc symbolique en dédommagement et sera condamnée à payer les frais de justice.

Voici quelques extraits
de la reconstitution du  procès

 

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