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Le Prix Carmignac du photojournalisme, aux frontières de l’Arctique

Novembre 2018. Le reportage des deux lauréats du 9prix Arctique : Nouvelle frontière ; une double expédition polaire est à découvrir à la Cité des Sciences et de l’Industrie, porte de la Villette, Paris 19e, jusqu’au 9 décembre 2018.

Cette enquête a été présentée, début septembre, lors d’une des soirées du rendez-vous annuel du photojournalisme, Visa pour l’image, à Perpignan.

Patrouille guidée par des réservistes Inuits, Resolute Bay (Photo : Kadir van Lohuizen)

Chaque année, « Le prix Carmignac de photojournalisme soutient la production d’un reportage photographique et journalistique d’investigation sur la violation des droits humains dans le monde et les enjeux environnementaux et géostratégiques qui y sont liés ».

Cette année, le jury était présidé par le climatologue Jean Jouzel. Au mois d’avril 2018, sur le thème proposé :  Menaces sur l’Arctique, deux photojournalistes de l’agence Noor, Kadir van Lohuizen et Yuri Kozyrev ont vu leur projet sélectionné. Ils ont eu six mois et une bourse de 100.000 euros (2X50.000) pour concrétiser  leurs reportages Arctique : Nouvelle frontière.

Canada, mars 2018, Resolute Bay, une île (Photo : Kadir van Lohuizen)

Leur parcours autour du cercle polaire en redessine pour nous les frontières.

L’un a enquêté vers l’Est, l’autre vers l’Ouest. Photos, textes et vidéos témoignent. Il faut se souvenir que le nom Arctique vient du grec arktos qui veut dire ours, l’espèce dominante de ce royaume blanc qui se contracte… Il ne resterait plus que 26000 individus.

Photo de Yuri Kozyrev, effondrement spectaculaire, en été à la fonte des couches supérieures du pergélisol sur plusieurs dizaines de mètres, en Yakoutie (rép. de Sakha, Sibérie australe).

La fonte de la calotte glacière, la hausse de la température, la montée des eaux se poursuivent inexorablement. En Alaska, l’île de Kivalina pourrait disparaître sous les eaux en 2025.

Les bateaux de croisière déversent leurs passagers qui veulent découvrir cet univers de glace voué à disparaître.

Les bateaux de croisière, depuis dix ans transportent les touristes au Groenland. (Photo : Kadir van Lohuizen)

Certes, ils apportent une respiration économique mais ils fragilisent la toundra qu’ils piétinent. Ils font fuir les baleines qu’ils sont venus voir et laissent des déchets non recyclés qui contribuent à leur disparition.

Yuri Kozyrev a passé du temps avec la famille Hudi et leurs rennes qui ont de plus en plus de mal à vivre leur vie nomade.

Les richesses du Grand Nord aiguisent les appétits. La ville industrielle de Norlisk a été créée, là où il n’y avait rien, par les prisonniers du goulag sibérien. L’industrie minière, les forages pétroliers, l’extraction de gaz, impactent les ethnies nomades comme les Nénets de Sibérie qui vivent et se déplacent de plus en plus difficilement avec leurs rennes. Yuri Kozyrev a passé de longues heures avec eux dans la péninsule Yamal. Les militaires veillent.

Il nous conduit jusqu’au détroit de Béring où passe la nouvelle route maritime vers l’Est, vers l’Asie, pour les grands containers, les pétroliers, les méthaniers.

Bateau en train d’être chargé de pétrole avant de traverser le golfe de l’Ob. Six pétroliers russes peuvent percer des glaces de 1,8m d’épaisseur. (Photo : Yuri Kozyrev)

Ayant fait des repérages durant l’hiver, Ils ont pu dès l’annonce des résultats, en avril, prendre le départ. Yuri Kozyrev le long de la côte Russe.

Le russe Yuri Kozyrev est allée à bord d’un brise glace d’une ville à l’autre, renégociant sans cesse la destination suivante. Il a connu un parcours selon son expression « en noir et blanc ».

Le néerlandais Kadir Van Lohuizen a suivi cette nouvelle frontière depuis les îles norvégiennes, avant de traverser le Groenland  (Danemark) et le Canada, vers la base Resolute Bay où les Inuits devenus Artic Rangers s’entraînent. A Point Hope en Alaska (Etats-Unis), les chasseurs Inuits sont face au recul de la banquise qui éloigne la route des baleines blanches. Ils sont autorisés à en chasser 10 par an.

Kadir van Lohuizen : la banquise s’amenuise.

Le prochain prix de photojournalisme cible la déforestation en Amazonie

Les dossiers étaient à déposer avant le 7 octobre 2018 à minuit. La région de l’Amazonie : Brésil, Bolivie, Pérou, Équateur, Colombie, Venezuela, Guyana, Suriname et Guyane française est au coeur d’un nouveau reportage photographique et journalistique qui traitera des enjeux liés à sa déforestation et ses conséquences.

Le Jury de la 10e édition est présidé par Yolanda Kakabadse, Ministre de l’Environnement en Équateur (1998-2000) et présidente du WWF (2010-2017).

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